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Tome premier.
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D E L A 1 I G U E. z6i

les trois Etats soient aíïemblés, & par eux le Roi pourvu c eConseil pour le gouvernement de son bas âge « : la CoutumeE, „ q Ue les Princes du Sang ont le premier lieu en ce Conseil » :comme il advint, lorsqu’après le décès du Roi Louis XI, CharlesVlII , âgé de quatorze ans, vint à la Couronne. Les Loix Ro-maines veulent, » que celui qui affecte ou s’est ingéré à quelque' 5 tutelle , en soit rejetté comme suspect » : êc puis c'est unere gle générale , sacrée &C inviolable , » que nul Prince Etranger" ne tient rang en France ». Mais que peut la raison parmi lafureur , & la coutume entre le désordre ? Que peut le droit°u la force a tout pouvoir ? Que peuvent les Loix entre lesMeurtres , le sang & la tyrannie ?

S’étant donc ainsi assurés de la personne de Sa Majesté , ilsJ°ucrent si bien leur jeu , que nouvelles gardes d’Arquebusiersârestees fous le Sénéchal d’Agenois ; Diane de Poitiers, Du-chesse de Yalentinois, chassée de Cour ; Bertrandi, Présidenta Toulouse, pourvu sous Henri II des Sceaux de France, dé-ferré à plat, mais adouci d’espérance de mieux ; la Surinten-dance des Finances ôtée à d’Avanson ; èc sous ombre de bon

Ménage , les plus fidcles Serviteurs de la Couronne désapointés :à porte des honneurs n’étoit ouverte qu’aux complices de deuxEtrangers , qui tirèrent à eux toutes affaires publiques pour leurprofit particulier , ainsi qu’on dit que le vent Cíecias attire àfoi les nuées, & garnirent la Justice d’hommes de semblablefarine qu’eux, & attitrés à exécuter leurs mauvaises volontés :Comme aussi de même main ils se fortifièrent de l’amitié desMaréchaux de Bristac & de Saint André , 8c du Cardinal deTournon, ennemi juré du Connétable : 8c mettant en pra-tique le conseil d’Andronodorus § qui , abusant de la mino-ré de Hieron , Roi de Sicile , qu’il prétendoit dépouiller deE>n Etat, lui mit en tête de bannir de sa Cour les Principaux"U Roïaume , ils firent, à l’avcu du Roi, subtilement écarterceux qui euflent pû entraverser le cours de leur fortune , 8caVe c lesquels ils ne pouvoìent aucunement compatir , non tantkvur l a difference de leurs qualités, que parceque le vrai Fran-cis ne pouvoit prendre la nature du Lorrain , ni le Lorrain, Ce He du François : tellement que , comme difoit Cicéron par-iât des différends ordinaires qui naiffbient à Rome entre lesjOnsuls 8c les Tribuns , » le feu des distendons civiles étoitípbttné non par la diversité de leurs qualités, mais pour leursPerses humeurs 8c complexions ». Et ainsi le Prince de CoudéTome /, Z. L

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