z 64 MEMOIRES
1 n fie autant à Hannon , Général des Carthaginois : autant Mn'£
5 ' Antoine à son ennemi Archelaùs ; ôc que vous cependant aye z
Ghi^art" ^ ans aucune pompe fait mettre en terre le corps d’un si grandRoi , voire de ce Roi qui vous avoit élevés à la cîme d’homneur ! Cachez-vous de savoir qu’Alexandre dépendit six mil'lions d’or pour les funérailles d’Ephestion : 6c que vous , prmdigues du bien public pour vos affaires particulières, en ay? zété avares quand il a été question des obsèques d’un des plusgrands Monarques de la terre. L’Empereur Auguste vint entemps d’hyver, de Rome à Ravie, au devant du corps de Drususlibéré assista aux funérailles d’Auguste : Caligula à celles de Ti'bere : Néron à celles de Claudius : les Rois Childebert 6e Clo'taire menerentle corps de la Reine Clotilde , de Tours à Paris-Louis le Gros , celui du Roi Philippes I , de Melun à SaintBenoît-fur-Loire : Philippe III aida à porter la pierre de S. Louis»depuis l’Eglise Notre-Dame de Paris jusques à Saint Denis :6c vous ingrats , vous potirons venus d’une nuit, n’avez daign 6mettre le pied hors des portes d’Orléans , pour le moindre set'vice de piété au corps de votre Maître ! Et puis, on vous noin'mera les Zopires de nos Rois , les pierres angulaires de cSRoïaume, les yeux, les nerfs, les artères de ce corps ! mahplutôt, les tyrans de nos Rois, les fléaux du pauvre peuple6c les éponges de nos finances : vous, dis-je, qui n'avez autr^Dieu que l’ambition, autre Roi que l'avarice , autre Religionque le désir du gain , après lequel on vous a vus tellementacharnés, comme Corbeaux après la charogne , que, pour n elaitier prise , vous laiffates souvent votre honneur à dos : témoinles démentis que feu Monseigneur le Prince de Condé voU§donna, en Fan 1559 , voulant quitter son rang & qualité dePrince, pour les vous soutenir à la pointe de í’épée ou de 1 *lance.
Le Roi François II, décédé , fa mort étouffa pour un tett^non leur mauvaise volonté, mais leurs pratiques ; car , so^Charles IX, quoiqu’ils tâchassent de le nourrir en une met"veilleuse défiance de ses Sujets, on commença ès Etats d’O s 'léans à les tâter de si près, ôc à leur vouloir faire dégorgerfinances qu’ils avoient englouties , que le meilleur pour e^fut de suivre à la piste Tiberius Gracchus , l’une des pestes d^Rome , lequel, sentant que le Sénat lui faisoit son procès , cal adoucement voile : tellement qu’ils prirent parti de s’écoulerLorraine, 6c de-là en Allemagne, où ils promirent aux