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Tome premier.
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A N T IG a I S A R T

z?3 MEMOIRES

fuseau que nous avons à démêler , c'est avec des François , aveclesquels nous avons communauté de naiílance, de loix, de mœurs‘ & de coutumes : tellement qu’ainsi étroitement liés ensemble,

' tant de droit civil que de nature, & à Texemple des Romains& autres Princes , grands Maîtres de la Justice ôc de la foi pu-blique , nous ne nous pouvons dispenser en leur endroit d'unlien si religieux que le serment, quoiqu’il soit autrement portepar le Décret de Constance, conforme à cette maxime de Ly vsander : « Qu’il faut tromper les enfans avec des oíîelets , &m les hommes avec juremens. Voilà quant à la*question de droit»reste celle de fait : si ceux que nous appelions Huguenots, sontatteints d’hérésie ?

Nous appelions Hérétiques, ceux qui par une opiniâtre am-bition se départent des articles de notre Foi. Tous ces articleconsistent au Symbole des Apôtres , fur lequel les Huguenotsfondent leur créance ; ils quittent le chemin des honneurs dumonde ; ils prennent le contre-pied, le chemin de perfécutio 11SC de disgrâce ; ils ne veulent point introduire leurs fantaisiepour règles de foi : mais ils promettent de mieux faire , si mieu*ils sont instruits. Sont-ils donc opiniâtres , ambitieux, Héré-tiques ? Car, d’alléguer le Concile de Trente, ce n’est rien, l* 1on ne fait apparoir qu’il est légitime. Le Concile de Milan soltenu de plus de trois cens Evêques , qui presque tous condam'nerent d’Hérésie Athanafe, ce bon miroir de vertu , cette lanip ede l’Eglife : au second Concile d’Ephefe la doctrine d’Eutychctfut reçue , Lc Flavian , saint Evêque , banni avec fes adhérans-appellerez-vous telles Congrégations Conciles légitimes ? mal 5plutôt les grands jours de Satan , les alsifes de TAntechrist, l eSEtats Généraux des Ennemis de la Foi. Aussi le Roi Françoisconnoiílant que le Concile de Trente étoit dreste pour le pro#particulier de quelques-uns, & non pour la République Chsotienne, protesta par la bouche de l’Abbé de Beílozane , son A# 1 'baíladeur, que lui, ni aucun de fonRoïaume ne pourroit & ííCobligé par les Décrets dudit Concile. Le semblable fut fait p âsle Roi Henri II, appuyé de l’autorité de tous fes Parlemep s ’qui fe sont toujours opposés à l’exécution des Décrets ourdi 5 aTrente, comme nuls Sc abusifs.

Mais encore particulièrement le Roi de Navarre a fesceptions : il est Roi souverain des plus anciens , & le quatriep 1 ^en Tordre des Rois de la Chrétienté, Sc toutefois il n’a p 0 * 1 !été appelle à ce Concile : Sc par conséquent on ne peut av°”