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Anti-G U I S A R T.
401 MEMOIRES
dis par ía liberté de nos Rois. Supposons qu’ils soient domem'ques , voire Princes naturels : quoi pour cela ? car si le Roitient point la Couronne de nous, mais de Dieu Sc de la L°íancienne du Roïaume, qui partage les honneurs comme il ^ ulplaît, pourquoi lui voulons-nous donner Loi Se mesure de no uSaimer ?
Les Rois n’ont point accoutumé de s’aíTujettir, en la Justi cedistributive,aux réglés des Philosophes ; lesquels mesurent le lqy cravec le mérite, ni à la forme déjuger des Olympiques qui avoie^tcertaines Loix , audessus desquelles ils ne s’étendoient jamais-
Les Rois font autant de compteurs , les Roïaumes autantcomptoirs , les Sujets autant de jetions qu’on fait valoir par f° lScent, parfois mille, par fois dix mille.
Les Rois semblent au Soleil, les dignités à la Lune , qui I emontre ores grande, tantôt petite ; ores en quartier , tantôt ^plein ; ores claire, tantôt obscure, selon que te Soleil lui dépa rCde lumière ; Sc les Rois font les dignités hautes Se balles , graffdes Sc petites , selon les occurrences , scion le tems , commeleur plaît ; auquel cas le Sujet doit être comme la réglé Leíbien c ’qui ploie d’un côté ôc d’autre à la discrétion du Souverain ; #alors nous avons l’obéistance des Sujets aux Princes , que les aisciens, comme dit Eschine, nous ont figurée par la Déeíle P J 'tarchie, femme de Jupiter, Sc mere de Félicité.
Je ne dis pas que le Roi doive indifféremment partager les ho<- rneurs ; car le loyer de vertu étant communiqué aux indignes ’devient contemptible , comme il advint à Athènes quand gPeuple caílà l’Ostracisme, voyant que Hyperbolus y étoit tonib e ’à Rome , quand Flavius affranchi d’Appius , fut pourvu de l’E^d’Edile Curule ; Sc en France quand Charles VI, au siégé ^Bourges, fit plus de cinq cens Bannerets. Mais par armes,violence, à vive voix , vouloir mettre bornes à la volonté ^Roi, n’est-ce pas vouloir arrêter le Soleil , ou plutôt attachéle cordeau pour sc pendre ? Car si la Loi juge coupable de lez 6 'Majesté le Sujet qui s’est servi de l’ancre sacrée des Empereur 5 ’si jadis les Censeurs à Rome dégradèrent un Bourgeois pour av^bâillé un peu trop haut en leur présence, si pour le respect d eMagistrats , il étoit défendu de rire au Sénat des Aréopagit eS 'Sc si selonUIpian, il est licite au Magistrat de procéder par am eí ^de Sc saisie de corps Sc de biens contre ceux qui parlent à lui teM^rairement, que sera-ce des Mutins qui dégoûtent les Sujets^obéissance due à leur Roi > qui embrasent son Etat d’un feu d