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Tome premier.
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DE LA LIGUE, 405 _

rí mgs, 011 a fait brèche à l’autorité des Princes d u Sang; pour lesav ancer, mille braves Seigneurs ont été reculés. Tellement qu’ilUe leur reste plus, Sire, que la Couronne que Dieu, la Loi fonda- Gdentale, 6c la coutume du Roïaume, vous ont mise sur la tête ;e ncore abboient-ils après les biens, les grandeurs 6c la gloire ,

°u à mieux dire , ils déploient tous moïens pour gagner le cœurâe la Noblesse 6c attirer fur vous la haine d’icelle. Car de quelleimpudence peuvent-ils nier que leur fin ne soit telle ? Vous êtes,Roi très Chrétien , Pœconome de cette grande famille , le Pilotede cette nef Françoise ; si les charges de la famille sont mal par-tagées s fi le navire est mal conduit, Pœconome n'en porte-t-ilpas la coulpe ? Le Pilote n'en est-il pas blâmé ?

C’est presque le même sujet qu’ils ont entamé pour tirer le Peu-ple à révolte contre Sa Majesté ; car ils nous représentent dénuéde sa graiste, de sa chair Sc de son Sang ; ils nous figurent uneAnatomie du corps humain , auquel il ne reste que la peau 6c les°s, disant que le Peuple François lui ressemble par une grandesympathie; qu’il est besoin de refaire 6c refondre ce pauvre corps,Spi ’il le faut guérir de cette plaie , qu’ils seront les Chirurgiens,

& que leurs armes serviront d’emplatres. Et ouest P aveugle d’ef-prit, qui, pour plusieurs raisons, ne juge cette proposition dctrès mauvaise odeur ?

La premiere , d’autant qu’elle porte coup à Phonneurdu Roi,lequel à cri& cor on publie par ce moïen un Tyran , & de mêmemain on tâche de l’engager en semblable malheur que AchréusRoi des Lydiens , qui fut tué par ses Sujets , pour les subsidesqu’il vouloir exiger, ou comme Henri Roi de Suede, TheodoricRoi de France , Sc tant d’autres Princes qui pour cas semblableont été dépouillés de leurs Etats.

La seconde , pareeque ce n’est point à faire, dit Plutarque , àcelui qui tombe,de redrestèr ; à celui qui ne sait rien, d’enseigner ;a celui qui est désordonné, d’ordonner; à celui qui est déréglé, detano-er, ni à celui qui ne sait obéir, de commander. Mais com-me difo-it Lycurgue, il faut montrer en foi ce qu’on désiré èsautres. C’est pourquoi on fe moquoit de Philippe Roi de Mace =done , qui vivant en mauvais ménage avec fa femme Olympiade'

Alexandre son fils, s’informoit comme vivoient les Grecs lesUns avec les autres. Si donc ceux de Guise veulent faire trouvermauvais les emprunts du Roi , qu’ils rempruntent point eux-mêmes ; s’ils veulent décharger le Peuple , qu’ils ôtent ce pesantfardeau de dettes qu’ils ont fur les bras, 6c qu’ils ferment la bon-

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