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Tome premier.
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406
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A N TG u x s a u

406 MEMOIRES

che aux Créanciers qui abboient tous les jours après eux. Maisen quoi ne veulent-ils reílembler à Sulpitius, homme confit entoute méchanceté , qui, ayant fait palier par les voix du Peuple-une Ordonnance que nul Sénateur ne put emprunter plus dedeux cens écus, lui-même quand il mourut en laissa trois censmille de dettes ?

La troisième raison est civile , car selon les Loix, il n'est pasen la puiílànce du moindreMagistrat de commander au plus grand,& ne doit résister contre le jugement du Supérieur , comme ditl’Empereur Justinian , ni corriger ses actes , ni connoître ses in-terjettées appellations, selon XJlpia ; même s’il lui advient de re-cevoir les accusations de son Supérieur , on le peut prendre àparti, & appeller en action d’injure ; comme César, qui, n’étantque Préteur , accusé devant un Questeur d’avoir eu part à hconjuration de Catilina , fit condamner le Juge en grostès amen-des , d’autant, dit Suetone , qu il avoit toléré qu'un plus grandMagistrat fut ajourné pardevant lui. Et par Arrêt du Parlementdu 7 de Janvier 1547, il fur défendu à tous Juges subalternesd’ufer d’aucunes défenses vers les Juges Roïaux : vu que, commedisoit un Ancien, un plus grand ne doit être commandé par unmoindre . Est-ce donc aux Guises de recevoir les plaintes du Peu-ple , de prendre connoiílance des actions du Roi, ni de mettrebornes à la volonté d’icelui ? Et puisque, sous le bénéfice dela paix cultivée par la prudence de Sa Majesté, le Peuple étoitsoulagé de plusieurs impositions, qu’étoit-il besoin de contre-faire le Hercules, le Dion , le Timoleon , lAratus , qui ontemporté le titre de Correcteurs de Tyrans ? Falloit-il user deremedes si corrosifs , où il n’y avoit presque plus d’ulcere, &Coù les calamités paílees étoient ensevelies fous íaLoid’Amnistie ?Le droit veut-il qu’on prévienne la voie de Justice par voie defait ì La raison veut-elle que le Serviteur donne loi à ion Maître ?N’est-ce pas la coutume, en cas d’exceísives exactions, d avoirrecours aux Etats , comme il fut pratiqué l’an 1338 , du régnéde Philippe de Valois ? Autrement, de venir au fer & au feu ,avant qu’avolr appliqué aucuns emplâtres, c’cst en aigrir , LLnon pas fermer la plaie ; c’est empirer, & non pas amender Hcondition du Peuple , qui ne se trouva onc bien de s’en pren-dre à son Roi. Sous Philippe le Bel , en Tan 1312, fous Char-les VI, environ l’an 1382, & fous Henri II, le Peuple , foulede tailles extraordinaires , s’essorça de secouer ce joug par ar-tties ; maïs tout forage lui tomba fur la tête* Non que je veuille