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Lettred’un Ca.tho.
ÏRANÇO IS
4*8 MEMOIRES
elle est istùe. Son petit Etat fut ébranlé comme le nôtre grand.11 eut ses folies ôc ses fureurs, ôc nous les nôtres; ôc n’entronspoint en comparaison ni des accès , ni des excès de notre ma-ladie. La guerre répand du sang par tout, mais nos paix ontété à leur proportion plus sanglantes de beaucoup que les guer-res des autres. Et pour le regard de cette belle histoire qu’il ré-cité du Tombeau du Roi Henri d’Albret son mari, rompu iCaítel-Geloux, voyez je vous prie comme il en est bien infor-mé : car le Roi Henri fut enterré à l’Esear en Bearn avec fe§prédécesseurs, où son corps ôc son tombeau font entiers , LÔpar-là jugez ou l’ignorance du suppliant, ou la malignité insigne.
II nous allégué Bearn pour conséquence du traitement quele Roi de Navarre fera aux Catholiques. II me fâche d’avoir &présupposer en mes réponses ce qu’il présuppose tant de foisen ses discours, la mort du Roi, auquel je prie Dieu qu’ildonne longue vie, mais j’en proteste une fois pour toutes. Hleur a été mille fois dit, que la Reine Jeanne , mere du Roi deNavarre , en une assemblée générale d’Etats , établit le change-ment qui se volt en Bearn : que depuis,les Etats de Bearn n’ont ja-mais requis la Messe : que même , après la Saint Barthelemi »le Roi de Navarre , retenu en Cour, leur envoyant le sieur deMioísens pour Gouverneur , l’un des Barons du Païs ôc Catho-lique , nonobstant l’horreur du temps ôc la terreur de deux figrands voisins qui favori soient les Catholiques , nul ne s’y pré-senta onc pour la leur demander , que les Gentilshommes Ca-tholiques ; néanmoins ils vivent doucement fans être recherchés îles sieurs de Miostèns , de Sainte Colombe, de Lago , de SaintEstefe ôc autres, ôc ne voudroientpas être autrement : que mê-me ceux du Clergé jouissent de leurs biens ôc de leurs pen-sions , le surplus étant employé à l’entretenement des Ecoliersôc des Ecoles : Qu’au contraire, en la Basse Navarre , où poitfla plupart le Peuple est Catholique, il n’y a autre exercice par toU £le Païs ; fors seulement à Saint Palai, ôc leur est gardé ôc main-tenu inviolablement l’exerçice entier de leur Religion, fans avoi ftouché aux bénéfices ôc biens d’Eglise : qu’ils déclarent net-tement en leurs écrits, puisqu’ils veulent répondre : s’ils con-fessent ce que desius , qu s’ils le nient ; ôc s’ils font contrainsde confesser, (comme ils ne peuvent autrement), qu’ont-d 5donc plus à nous alléguer l’exemple de Bearn , puisque, se u ®le même Prince, ils voient le contraire en la Basse Navarre .Mais il nous faut bien passer plus outre fur ce point, Pensez qu’tJst