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Tome premier.
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* 436 MEMOIRES

15 8<í. qui magnifie hautement le Roi d’Espagne, pour avoir tué son pro-Lettre P re ^ kîânae nos Rois de n’avoir voulu souiller leurs mains aud'un Catho. sang de leur beau-frere, qu’il appelle cousin de bien loin ? Et puisFrançois, avec quel front, je vous prie, reproche-t-il le Duc Casimir ,quand ceux de la Ligue nous ont amené des Reistres tout fraî-chement ? Des Reistres pour défendre le Clergé , qui ont courules Prêtres; pour conserver les Reliques, qui ont saccagé & violéEglises & Autels ; pour extirper la Religion contraire, qui ontfait prêcher publiquement , qui ont même fait la Cène en leursarmées ?

II accuse le Roi de Navarre de parjure , pour n’avoir rendules places de réserve à point nommé. On pourra répondre, quec’étoit sous la condition de l’exécution de l’Edit. Mais il y aplus ; car on fait qu'en répondant le Cahier qui fut présenté auRoi à Saint-Germain l’an 84 au mois de Décembre , le Roi con-sentit par exprès , que les susdites Villes demeureroient encoreen la garde du Roi de Navarre pour deux ans , pour donnerloisir aux animosités de s’amortir entierement de part 8e d’autre ,6 c est cette réponse bien signée du Roi, 6 c contre-signée de M.Pinart Sécretaire d’Etat, en date du onzième Décembre. Etcomme ceux de la Ligue en leurs protestations vouluílent s’estprévaloir contre le Roi, le Roi de Navarre qui n’avoit requis cessûretés que contre leurs déloyautés 6 c perfidies , s’oiírit de remet-tre ès mains du Roi toutes lesdites Places , pourvu que ceux de laLigue , auxquels toutefois il ne veut s’égaler , fiííent de même.Et pensez comme ces reproches leur font bien séans en la bouche,quand eux-mêmes ont requis 6 c obtenu des sûretés du Roi, et#qui disposent à leur plaisir de leurs Gouvernemens , eux qui fontlogés au milieu des Provinces, ou il n’y a rien à craindre pour et#,ou au contraire il n’y a rien à craindre queux ? Car n’est-ce pas do n 6les demander contre le Roi, contre les Catholiques , contre leSallarmes 6 c remords de leurs mauvaises consciences ?

Pag. 82. II reproche au Roi de Navarre le mauvais traite-ment de fa femme. Jamais gens de jugement ne mirent le doigtentre maris 6 c femmes : ces querelles s’accommodent fans arbi-tres , 6 c ceux qui les veulent attifer le plus souvent s’y brûlent»Ne réveillons point ici ni les justes douleurs , ni les fortes répit"ques ; épargnons l’honneur du mariage ; épargnons le sangla France. Il est bon que Messieurs de la Ligue deviennent prê-cheurs de la chasteté. On ne connoît pas leurs mœurs & leu#humeurs, Qu’ils nous fallènt le procès au Roi de Navarre f#