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Tome premier.
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DE LA LIGUE. 437

l’amour : Car on ne sait pas & leur vie Sc leurs vices ; que ce qu’il a ^ 7 ^ 6

de plus vicieux en lui, seroit vertu entr’eux ; que ce qu’il y a de plusVertueux en eux,lui seroit une tache; que ce qu’ils s’estiment ver- D ’ UN catho.kueux, c’estparcequ’ils font si corrompus 8c si cautérisés , qu’ils ne François.sentent plus de remords en leurs âmes , qu’ils ne voient plus dedistance entre vertu & vice. Certes il est hors de doute, que quisortira de la Maison du Roi de Navarre , pour entrer en cellesóe ceux de la Ligue , pensera à palier de Sion en Gomorrhe. Quequi paíîera de la considération de sa personne aux leurs , en ma-tière des vices mêmes qu’ils blâment ; pensera à être pâlie 8ctransporté en songe ; d’un David à des Sardanapales ; il est ar-rêté dans fa Religion ; ni les Croix , ni les Couronnes ne l’émeu-v ent: ceux-ci n’ont Foi ni Religion qui tienne, l'ombre d’un espoir les fait Luthériens , les fera, s’il leur peut profiter, Maho-metistes ; 8c de fait il n’y a pas longtems que Monsieur de Guise ,pour amadouer les Huguenots, difoit, qu’il n’enétoit pas si éloi-gné comme ils pensoient, que sa grande mere étoit Huguenotte,

( c’étoit feue Madame de Ferrare ) qui lui en avoitaíïez appris,

Qu’auísi feu Monsieur le Cardinal son oncle l’avoit fait instituerEn sa jeunesie en la Confession d’Auíbourg. Le Roi de Navarreost Prince belliqueux , nourri au travail , refuïant toutes déli-ces. Il fait mépriser pour sa Religion les voluptés de la Cour 8cles grandeurs du monde. II volt les Roïaumes du haut du pina-cle destous lui,8c il les foule aux pieds pour ne fouler fa Religion,pour 11e violer fa conscience. Quel de ces Princes nourris en unsérail seroit cela ? Quel d’eux pourroit vivre sans l’amour, ou fansla Cour, trois mois entiers ?

Ils ajoutent un excès prétendu à Ágen en l’an 77, qu’ils pu-blient par tout le monde chandelles éteintes, l’ancicnne calom-nie ( Sc pieça surannée ) contre les Huguenots. Misérables ! 8cqu’ils en enquièrent ceux d’Agen grands 8c petits , hommes 8cfemmes , si jamais il en fût mention. Je parle confidemment, Scle dis derechef, s’il y en a jamais eu feu ni fumée. Madame la,Maréchale de Monluc ,. qui est aujourd’hui Madame d’Escars ,étoit présente. Le Roi de Navarre ÔC Madame fa sœur, Princestèa u-deíTus de la corruption 8c de la médisance de ce siecle, devi-s°ient avec elle : Qu elle soit ouie en témoignage, s S il y eut scan-dale ou de parole ou de fait, s’il y eut chandelle éteinte, commesis disent, s’il ne partit tout ce soir d’avec elle, si elle en ouïtseul mot sur le lieu, si ne elle fut fort ébahie , quand se trou-^aut de retour chez elle 011 lui en vint parler,. Et çle fait, ii me