DE LA LIGUE. 4Í3
Château d’Angers, il avoir toutes les envies du môílde d’aller àî’aris plaider la cause de Brissic pour gagner la sienne. Chacunsait les commandemens qu’il reçut du Roi pour s’en partir dePoitiers; ce qu’il fit fort difficilement & à regret, n’ayant pu ré-duire ladite Ville à fa dévotion , ni par fa demeure , ni par lescouches de fa femme , qu’il mena là toute exprès. Tellementque s’il a trop tardé , la faute pour ce regard vient de lui, quiVouloir assaillir Bergerac dans Paris , Le s’assurer de Paris fans al-ler à Bergerac. Je fais bien qu’il n’avoit pas faute d’excufe. II feplaignoit lorsqu’o n le pressoir trop , ôc maintenant il dit qu’iln’ess pas allé assez vite. Lors il difoit que les Huguenots étoienttrès forts, Lc de fait il obtint par semblables remontrances Ten-tiere levée des Suisses ; maintenant il dit qu’ils n’avoient nulmoyen de fe défendre. Et chacun fait qu’ils tenoient Brouageassiégé , tant s’en faut qu’ils craigniílènt un siégé. Chacun faitqu’ils avoient pris Thuíes, & qu’ils étoient si forts au dedans desvilles , qu’ils donnoient beaucoup» d’effroià leurs voisins. Je faisbien que quand cette maudite paix fut accordée , ils étoient dé-sarmés ; mais il étoit impossible de venir si-tôt à eux pour lesassaillir , qu’on leur pût ôter le moyen de fe défendre. Cette en-treprise étoit aussi mal dirigée , que l’exécution en a été malheu-reuse.
Déclaration.
1586.
Expositionsur la Décl.d e M- DEMaïenni.
» Mondit Sieur de Mayenne partit en cet équipage fur le mois" de Novembre , n’ayant pu être plutôt dépêché pour traverserpresque toute la longueur du Roïaume de France par les piresn chemins, ôc en la pire saison de Tannée.
Exposition.
La vérité est: qu’il ne voulut pas être plutôt dépêché. Voilàquant au tems. Pour les chemins , il avoir le choix , la faute est:à lui d’avoir choisi le pire; cequife reconnoîtra mieux aux ar-ticles fuivans.
Déclaration,
II résolut de combattre en passant le Prince de Coudé , quiétoit venu pour secourir le Château d’Angers, lequel le voyantapprocher entra en tel effroi, qu’il fe mit 8c toutes fes forçesu en une honteuse route.