Band 
Tome premier.
Seite
459
JPEG-Download
 

D E L A L I G U E. 459

dépêcha en ce temps un Courier à la Cour, promettant au Roi delui faire un service íìgnalé, &C a durant la prise du Roi de Na-varre. Ce que les bons François disent, entreprendre fur le Sangde France , ces Meilleurs de la Ligue l’appellent en autres termes,fijvir la Couronne. Or bien , ce grand service fut qu’il fit douzeHeues tout d’une traite, Le qu’il déferra ses chevaux : voilà tout.Je vous laide à juger qui a plus d’honneur, ou le Roi de Na-v arre qui pada en dépit de farinée , ou le Duc qui ne fut pasbien garder le padàge. Ceux qui connoident le Roi de Navarre ,croiront pas facilement ce commentaire, quand il dit qu’ilftiyoit pour éviter ce danger ; il ne fait encore ce que c’ed quede fuir ; & si ses Ennemis n’engendrent de plus grands guer-riers que ceux qu’on voit de notre temps, il n’est pas près def apprendre. Y oici encore une autre bataille que ce Duc a gagnéec Ontre vingt-cinq ou trente Argolets , qui croient partis deÇaumont, pour faire venir la contribution, & non, commed dit, pour favoriser le Roi de Navarre , qui ne prit jamaisescorte en ce paflage. Ces pauvres Argolets furent écartés : Scc’est ce qu’il appelle tailler en pieces les troupes de Clairac Lcde Caumont ; mais il oublie que ceux de Montdanquin dési-rent la Compagnie de la Guerclie , ôt taillèrent en pieces deuxcens Arquebusiers. Parrabere ed; trop aduré Capitaine, pours’étonner de ces défaites , s’il s’y fût trouvé ; mais il étoit pour-lors à Montauban. Quant au Capitaine L’Estelle, il n’avoitja-rnais songé à tenir la Ville de Toneins; il avoit déja fait con-noître aux Ligueurs qu’elle n’étoit pas tenable : car, au com-mencement de ces remuemens , quelques Damerets d’Agen s e-Noient proposés de faire reconnoître leur vertu dans le plus fortde ladite Ville ; le Roi de Navarre s’y trouva en padant che-min. L’Estelle fit des approches & de la prise tout un ; il entradedans , Lc jetta par les fenêtres ces Meilleurs , avec les faveursde leurs Maîtredes. Toneins a été toujours au Maître de la Cam-pagne : Toneins n’a rien qui redente Ville,, que les restes d’uneveille porte , qui montre qu’elle y a été. Melun quitta Médian ,lequel étoit en telle défense, que le Duc de Mayenne & le Ma-réchal de Matignon ne voulurent pas entreprendre de la garderav ec leur armée , ains la laidèrent au premier venu ; Sc de faitAujourd’hui Vivans la tient : mais il en fait si peu de compte sRU'il l a quittera au premier qui s’en voudra servir.

1 ; 86.

Expositionsur la Dlcl.D fi M. D fi

Maïenne.

M m m i|