r;86.Exposition
SUR LA DÉCL.P £ M. P EPaïenne.
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batailles en Provence ; ils font Maîtres en Languedoc , & rfontrien perdu en Guyenne. Je ne crains tjue ces Ligueurs trou-vent facilement l’efïioi , poureequ’ils portent avec eux la peur:& de fait, ils voudroient bien encore avoir une armée , pourpouvoir plus sûrement prendre leur derniere main : & voilà oùtend l’espérance qu’ils veulent donner dc ce dernier effort ; mais,pour emporter les Huguenots à la recharge, il falloit que lacharge fut plus ferme. Et íi le Duc de Mayenne ne prend quetous les ans trois Villes , nous en avons encore pour long-temps*Si Castdlon a fait débander son armée, je crois qu’élle ne fe-rort pas long séjour devant cinquante Places qui font en Guyen-ne plus fortes que Castillon. C’est toujours à recommencer ; ££le pis que j’y vois, c’est à nos dépens.
Déclaration.
« Les Habitans de leurs Villes ne peuvent plus recevoir leurs” Soldats Etrangers , de peur qu’après les avoir détruits èc mast-» ges, ils ne les exposent encore ati pillage &c ne les livrent »» afin de fe racheter , comme ils ont fait à Castillon..
Exposition .
L’exemple de Castillon est mal à propos. Les Habitans pour-voient rendre témoignage que les Capitaines & Soldats qui étoientdedans , n’avoient point manqué à leur devoir ; ils les ont dé'fendus autant qu’ils ont pu fe défendre. Quand la compositionfe fit , le Duc de Mayenne ne voulut point qu’ils y fuíìent com'pris, à cause qu’ils étoient ses Sujets ; néanmoins il promit, com-me j’ai dit, & fut accordé par l’entremife du Vicomte d’Ambeterre, qu’ils n’auroient aucun mal. Si le Duc de Mayenne arompu fa foi s les Etrangers n’en peuvent plus ; s’il a voulu trai'ter en Souverain, étant le plus fort, le Roi seul en demeureoffensé; èí certes ce trait est fans excuse. Aux autres compo-íìtions, il avoir compris , comme Lieutenant du Roi, les Ba'bitans des Places ; celle-ci, tranchant du Roi, il ne lès y fpoint voulu comprendre : & pour s’être opposés feulement flui, il les a fait pendre , comme criminels de lcze-Majesté. S’ny avoir d’autres Castillons qu’il fallût encore assiéger, cet exem-ple n’étonneroit pas les Habitans ; mais les rendroit invincibles-en ce désespoir : Sc on n’en auroit pas aujourd’hui si bon mar-ché , si c etoit à recommencer. Voilà le profit que peuk apportescette composition,