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Tome premier.
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DE LA LIGUE.

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1580.

HISTOIRE VÉRITABLE

D u Siège & Prise du Fort fait en Irlande par les Italiens& Espagnols , au mois de Novembre i 58 o.

Traduite d!Anglois en François ,

Xj E s Espagnols 8c Italiens ayant prîs port en Irlande, sc mirentincontinent à y bâtir un Fort , qu’ils appellerent en leur langageH Cafteldel oro , en un lieu nommé Smirwik , vers PQccidentd’Irlande , à Pentrée du Havre de Lymbrik , près d’j,m Roc envi-ronné de ía Mer de toutes parts ; £c parcequ’ils tenoient ceRoe pour leur principale force , ils y avoient mis une partie deleurs munitions , 8c avoient fait un pont qui pasioit de leurFort fur ledit Roc : là où ils 11e sc furent pas sitôt remparés,qu’ils n’eussent en tête le Gouverneur pour la Reine , nomméMilord Greie , qui les y aísiégea. Or , comme ils y croient, se-lon leur avis, à fureté ( parce qu’ils y avoient des forces beau-coup plus grandes pour leur égard que celles des Anglois, qui,tenant la campagne , n’étoient pas plus de huit cens, au lieuque les autres en leur garnison étoient du moins six cens : jointqu’il y avoir grande inégalité pour l’aífiettc du lieu ; car les Es-pagnols étoient à couvert, bien fortifiés, & leur batterie étoità l’avantage , au lieu que les Anglois , étant du tout à décou-vert , n’avoient pas grand moyen de leur nuire avec leurs piè-ces ) le Général des Anglois , voyant son parti si désavanta-geux en toutes sortes, n’espéroit aucun heureux succès de sonentreprise ; mais il fut incontinent accouragé par P arrivée desnavires de la Reine , qui vinrent lorfqu’on les eípéroit le moins:^bordées quelles furent . les Anglois prirent d’icelles quelquespièces d’artillerie , qu’ils amenerent en leur camp : Lc incon-tinent firent une tranchée pour braquer les pièces , distanted u Fort d’environ 400 pas , en intention de battre ledit Fort:a quoi ils s’employerent si bien tout ce jour , qui étoit le 9 deNovembre, qu’ils endommagèrent grandement leurs Ennemis:Voire en telle forte qu’ils ne sc pouvoient aucunement aiderde leurs pièces. Le lendemain , qui étoit le dixième , les An-glois firent encore une autre tranchée pour battre de plus près >