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Tome premier.
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15S0.

Prise b’unFort enIreandh.

478 MEMOIRES

qui n’étoit qu’à 160 pas du Fore : 8e fans tarder, recômmen-cerent nouvelle batterie ; & parcequ’il y avoit dedans ledit Fortquelques pièces qu’iís voyoient pouvoir les endommager, ils lemirent à tirer contre icelles : & de fait, les brisèrent toutes,fans qu’ils en perdissent pas une des leurs , linon deux demi-canons qui furent démontés ; la nuit même ils firent une nou-velle tranchée , qui n’étoit qu’à 1 ?.o pieds du Fort. Or , voyantque les Espagnols n’avoient plus recours pour leur défense , si-non à leurs mousquets , qu’ils avoient mis dedans une maisonde bois, bâtie par eux au milieu dudit Fort, ils dressent leutbatterie contre icelle , la foudroient, &. épardent les mousquets-Les Espagnols, voyant cela , furent bien ébahis : d’autant quep’étoit la principale force fur quoi ils s’appuyoient ; & alors corrt-mencerent un peu à changer de contenance : car tôt après ibdresseront leurs enseignes en signe de treve , 8c demandèrentde parlementer , ce qui leur fut accordé. Incontinent sortit unItalien , brave à merveille , auquel le Gouverneur Anglois de-manda de la part de qui il étoic là : lequel répondit, de par ícSaint Pere. A quoi répliqua le Gouverneur : comment vousosez-vous bien hasarder pour le service de ce Rasé, de cet An-téchrist , meurtrier & des corps 8e des âmes, contre l’Etat dela Reine ? Et ajouta : certes vous recevrez le loyer dû à votreservice. Après, il lui enjoignit de faire venir le Capitaine desEspagnols , auquel il demanda pareillement de la part de quiil étoit venu là : lequel répondit qu’il ne íavoit ; derechef il îuldemanda si c’étoit à l’aveu du Roi d’Espagne : à quoi il réponditque non; mais, dit-il, en Portugal le Gouverneur d’uneVilbnommée Porto , me commanda cvaíler en une certaine Placequ’il me nomma : disant que là me seroit donnée ma commis"non. Ce que je sis ; mais , à vrai dire , je ne savois oh j’allois ,ni contre qui : voilà comment j’ai été , les yeux bandés, amenéen cette Place , & , à ce que j’en vois , du tout trahi. Le Gou-verneur lui répondit ; si ainsi est que votre Roi ne vous ait idenvoyé, vous y êtes venu comme un voleur : & pourtant vou sen recevrez le guerdon que vous avez mérité. Après qu’ils cu-rent achevé de parlementer , les Italiens ôc Espagnols requirentqu'o n les laissât aller la vie & bagues sauves : ce qui leur f utrefusé tout à plat. Parquoi ils délibérèrent de quitter le Fort,de mettre leur argent 8e ce qu’ils avoient de plus précieux en-tre les mains du Gouverneur, 8e de se rendre à ía merci : 1 e 'quel acceptant l’offre , reçut trois d’entre eux pour otages, j