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MEMOIRES
--donner I’assâut, & renversâmes les barricades qui étoient fort
1 J’ bien fournies, tant de Piquiers que d’Arquebusiers ; mais nousff^DRAckjf entramcs nonobstant pêle-mêle parmi eux, après que nos Ar-quebuses eurent joué les leurs. Nos piques étoient plus longuesque les leurs , & nos corps mieux armés qu’eux : parquoi nospiques & épées donnerent trop fort fur eux ; & étant forcés dequitter la Place , en cette furieuse entrée , notre LieutenantGénéral tua de ses propres mains l’Enseigne des Espagnols, quicombattoit vaillamment jusques à la mort. Nous les poursui-vîmes jusques dedans la Ville , Le ne leur donnant loisir de re-prendre haleine , nous nous avançames vers la Place du Mar-ché , pour laquelle ils combattirent un peu ; mais après que nousPeumes une fois gagnée , ils furent contens de nous quitter laVille , Le s'en aller eux-mêmes loger aux champs. A chaquebout de rue , ils avoient dressé des barricades de terre , avec destranchées au-dehors d’icelle, auílì bien faites que nous en vî-mes jamais, à laquelle entrée il y avoir ausiî quelque résistan-ce , mais furent bien-tôt vaincus avec bien peu de gens tués oilblesses. Ils avoient avec eux plusieurs Indiens Archers j qu’ilsavoient mis en place à leur avantage , lesquels tirèrent fort ou-trageusement de lèurs fléchés empoisonnées ; tellement que »s’ils ne faisoient seulement que tirer le sang , ceux qui en étoientnavrés en meuroient, ou bien c’étoit chose de grande mer-veille ; ils tueront aucuns de nos Gens de leurs floches, Lc enblessèrent aucuns vilainement à mort avec certains petits bâtonspiquants, qu’ils avoient fichés en terre au grand chemin paroù nous devions palier : étant lesdits bâtons d’un pied & demide long , fort aigus & piquants, & là-dessus envenimés d’uncertain poison , & en avoient planté fort grand nombre; mais,comme nous passâmes fur le fable de la Mer, nous nous sau-vâmes de la plus grande part d’iceux.
Je laisse passer maintes choses particulières , par faute deloisir ; comme de la blessure du Capitaine Samson à coups d’é-pée, à la premiere entrée , & à qui étoit commis la charge despiques de l’avant-garde ; comme aussi de la prise d’Alonso Bravo »le Commandeur de cette Place, par le Capitaine Goringe, aprèsque ledit Capitaine l’eut premier blesse de son épée , auquelCapitaine étoit commis la charge des Arquebusiers de l’ava llC 'garde. Le Capitaine Winter étoit pareillement de l’avant-garde »où marchoit aussi le Lieutenant Général. Le Capitaine Po^cl?Sergent Majeur, avoit à Ion tour la charge des quatre Com-