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En cet instant nous ouïmes quelques canons comte le Ha-vre ; 8c c’étoit l’avertiíïèment qui nous étoit donné , suivantl’ordre pris au soir de devanr par notre Général, que le Vice-Amiral accompagné du Capitaine Frenar , Capitaine Withe ,Le Capitaine Crosse, 8e autres Capitaines de Marine , don-xieroient l’aílàut dans des Pinaces & Barques au petit Fort ,à l'encontre du Havre qui joint à la Ville. Cet effort n’eut pas
f rand effet ; car la Place étoit forte Le Feutrée étroite 8e ten-ue avec des chaînes ; tellement qu’on ne faisoit rien d’autreque donner une allarme à l’autre côté du Havre à un mille oudeux du lieu où nous étions. Les troupes s’étant j a mises enordonnance , un demi-mille de la Ville , la terre fur laquellenous étions , commençoit à s’étrecir , 8e n’ayant que cinquantepas de largeur, avoir la grande Mer du côté de terre , 8t laMer du Port de l’autre. Cette Place étoit fortifiée d’une mu-raille de pierre, 8c un foíïe par dehors ; ladite muraille étoitsi bien bâtie pour flanquer de tous côtés , qu’il seroit quastimpossible den faire une meilleure : car il n’y avoit non plusd’ouverture en ladite muraille du Fort, que pour paíïèr les che-vaux ou autre chose en un besoin ; & toutefois cette ouverturene laiílòit d’être bien garnie d’une barricade faite de certainespippes de vin emplies de terre ; ledit Fort étoit fourni de sixpièces de canon , qui donnoient tout droit en front contre noustout à l’heure que nous en approchâmes. Or, au dehors de cettemuraille, du côté du Havre, ils avoient amené pareillementcieux grandes Galères , munies d’onze pièces d’artillerie , quinous flanquèrent aussi ; èsdites Galères il y avoit trois ou quatrecens Arquebusiers , 8c fur la Place à terre il y avoit trois censJiommes , tant Arquebusiers que Piquiers , pour la garde duditlieu.
Eux étant tous prêts à nous recevoir , n’épargnerent pointleur canon ni arquebuses ; mais nous primes l’avantage de lanuit, ie jour n’étant encore venu ; 8c par l'exprès commande-ment de notre Lieutenant Général, approchant par la terre laplus basse, à savoir sur le sablon où la Mer lavoir , étant unpeu tombée , tellement que la plupart de leurs canonades , 8cpresque toutes , avec leurs arquebusades , furent tirées en vain.Notre Lieutenant Général commanda qu’on ne tirât, jusquesà ce qu’on fût à deflous de la muraille. Ainsi ensemble , avecpiques, nous approchâmes vaillamment de la Place où la bar-ricade de pippes étoit, icelle étant trouvée h plus aisée poux
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VOÏAGE 0E
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