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Tome premier.
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D E L A L I G U E. jti

íe bâton de sa vieilleffè, 8c son recours & secours en tous sesmaux 8c adversités. Or , volt le Pape maintenant, que notre Roidécouvre ce monopole, que la France revient un peu de fa lan-gueur , 8c commence à se réveiller de ce profond somme ; pourdonc lui donner beau jeu, il cherche de nous mettre aux trou-bles , 8c pour y parvenir nous envoie ce Concile, c’est-à-dire ,la pomme de discorde.

Les grandes affaires de la Chrétienté, depuis quelques siécles,se traitent auprès des Papes, les grandes conjurations se font enleurs Conciles ; 8c ce Concile particulièrement ne fut si-tot ou-vert , qu’il alluma une guerre sanglante au milieu de l’Allema-gne. L’an 6 z , le Roi ciEspagne sachant bien que ses Etats duBas, qui en avoient goûté l’amertume en Espagne , ne l’accepte-voient jamais, l’y voulut introduire ; c’étoit parceque fur leurrésistance il cherchoit occasion d’y introduire les Troupes Espa-gnoles , 8c les mettre en servage. Àuffi n’en eut-ií si-tot ouvert labouche , que tous ses Etats , bien que Catholiques , se mirentà protester ; 8c sur les protestations il fit venir le Duc d’Alhe enarmes , dont font nées les guerres civiles , èsquelles il s’agit au-jourd’hui , ou de leur ruine, ou , si nous sommes bien conseillés ,de la sienne.

Alors avions, par la grâce de Dieu, la paix en France, laquelle,comme toutes nos prospérités, lui étoit fort suspecte ; pour latroubler, il nous fait envoyer un Nonce avec ce Concile ; 8c bienque notre Roi, son Conseil 8c sa Cour , selon leur sagesse , envistent les inconvéniens , 8c n’euíïènt garde de le recevoir, si nelaiffèrent ceux de la Religion contraire d’entrer en telle alíarme8c défiance, que tôt après en reprirent les armes : dont s’ensuivitque le Roi d’Espagne eut ce contentement de tyranniser ses pau-vres Pais à loisir, 8c de voir entretuer ce Roïaume à son plaisir.

Cette guerre dura jusques en l’an 70 , que Dieu nous donnadeux ans de paix , pendant lesquels nous commencions , ce sem-bloit , à nous déci 1er les yeux, 8c à connoître que l’Espagnol bâ-tissoit pour nous ôter le jour ; fur quoi se faisoient plusieursbeaux defleins à la diminution des siens. Le Pape donc , commeà ses gages, envoie le Cardinal Alexandrin, son Neveu , vers leRoi a Espagne , pour prendre instruction de lui ; 8c de-là se faitpalier en France , pour presser derechef la publication du Con-cile de Trente , comme le plus abrégé moyen de troubler notrerepos , 8C donner temps à ses victoires. Avec lui fut conclu 8cbâti le Massacre , c’est-à-dire, à proprement parler, l’exécutionTome I. V UU

i;8z.

RÉCEPTIONET PUBIICAT.

du Concilede Trente.

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