DE LA L T G U E.
nocence , Sc celle clcs íîens, en la garde de celui qui en est: le JugeLc qui la connoît. De fait, on fait qu’au Traité de Flex, auquelMonseigneur d’Anjou entrevint , pour consolider les plaies dela guerre , il quitta volontairement les Villes de Cahors ÔC de S. Na-tarre.Million, desquelles l’importance est connue pour leur force,
Sc pour être icelles passages de notables rivières , tant pareequ’iiespéroit enfin vaincre le cœur du Roi par sa modestie, que parce-qu’il s’imaginoit que la guerre que Monseigneur entreprenoit lorsen Flandres, feroit une notable saignée à la France, qui, enrepurgeant le mauvais sang, Sc donnant respiration au bon, ôte-roit toutes les démangeaisons dont elle auroit été molestée &tourmentée.
Au contraire, nonobstant cette confirmation de paix toutefraîche , on attaque ceux de la Religion en Dauphiné , on dé-mantelé leurs Villes, on y bâtit des citadelles ; le tout contrela foi publique , Sc les accords traités particulièrement avec M.ie Duc de Mayenne , qui commandoit aux forces du Roi. Celafait, on le veut palier en Languedoc, pour y faire de même : cequi s’alloit effectuer, n’eût été qu’on entra en opinion , que ,íì ledit Sieur de Mayenne , étant de la Maison de Guise , entroitarmé dedans le Languedoc, auquel commande le Duc de Mont-morenoi, les anciennes querelles de ces Maisons se réveilleroient,
Sc le Duc de Montmorenci auroit juste occasion d’entrer ensoupçon , 6c par conséquent de se réunir avec le Roi de Navarre,
Sc ceux de la Religion de sa Province.
Que fait lors le Roi de Navarre ? Pour lever à ses Ennemistout scrupule du cœur , Lc pour lui ôter de devant les yeux l’objetde leur vengeance , comme par tant de bonnes actions il leur enavoir ôté le sujet, il s’avise d’un point. Il voit M. le Duc d’An-jou obligé en la guerre contre l'Espagnol ès Païs-Bas, le Roid’autrc part engagé de nature 8c de promesse , non-seulement àíe secourir , mais aussi à envahir le Roi d’Efpagne ; de gaieté decœur il envoie offrir au Roi d’attaquer le Roi d’Espagne dedansle cœur d’Espagne même ; lui fait de grandes Sc notables ou-vertures pour en venir à bout ; présente d’y dépendre en sonparticulier cinq cens mille écus ; Lc afin que le Roi ait prétextede l’aider d’argent, s’il ne se veut encore déclarer, lui veut mettreentre les mains ses Comtés patrimoniaux de Rouergue 6c derifle , qui font des plus riches , grands Lc anciens de France, Lcne scroient moins estimés d’un million d’or. Qui plus est, afinque le Roi ne puisse entrer en juste allarme de cette entreprise,