DE LA LIGUE. 547
Le Roi répondit que le Roi de Navarre n’auroit pu mieuxfaire que ce qu’il faisoit, d’envoyer vers lui pour cet effet mêmepersonne de telle confiance : qu’il le tenoit à grande obliga-tion , 8c s’en souviendront toute fa vie ; puis venant au propos :il est vrai, dit-il, que f envoyai, comme vous dites , il y a quin-ze jours, un mien Valet de Garderobbe au Roi de Navarre, Sclui écrivis telles choses de.Je crois que ce-
la ne fut pas nouveau au Roi de Navarre , 8c qu’il en savoir aílèzd’ailíeurs, 8c vous autres même, à mon avis, ne l’ignorez pas.Nous adrestons quelquefois des amitiés fur personnes qui n’ensont pas dignes, &c en somme telles fois aveuglées. De moi ,qui ne veux pas vivre seulement comme un bon Prince, maiscomme homme de bien , j’ai déliré repurger tout ce qui est au-tour de moi, 8c fur-tout ce qui me touche de si près, de tout cequi y pouvoit apporter tache ou blâme , m’astiirant que le Roide Navarre m’en sauroit bon gré ; 8c quelques semblables motsà ce propos.
Ledit Dupleífis , qui voyoit que le Roi s’arrêtoit sur ... .
.fans venir à la Reine fa Sœur , lui répliqua, Sire ,
je ne fuis point venu ici pour plaider la causo de.
.Le Roi de Navarre a reconnu à grande obligation , com-me vous avez vu par ses Lettres , ce que V. M. a fait en leur en-droit ; 8c me ferez bien cet honneur de croire que le Roi deNavarre ne fait pas si peu de cas de moi, que de me donner cettecommis!on , ni moi si peu de moi-même , que de la prendre.II m’a dépêché vers Y. M. pour le fait de la Reine sa Femme.Si elle a commis une faute digne de l’affront qui lui a été fait, ilvous en demande justice, comme au Maître de la Maison, 8cau Pere de la Famille : sinon , Sire , comme il ne le croira quele plus tard qu’il pourra , il vous la demande, comme à Princequi en fait profession , des calomniateurs fur le rapport defquelsune telle injure auroit été précipitée.
Le Roi alors voulut mettre l’affront en doute : que le Roi deNavarre pouvoit avoir été mal informé : que les choses n’é-toient pas passées du tout ainsi : qu’il ne falioit pas croire lesbruits, Sec. Ledit Sieur Duplessis répliqua : Sire , je n’ai passé enlieu fur le chemin, où cette histoire ne m’ait été particulièrementcontée ; je n’ai vu depuis homme d’honneur qui ne me Paitconfirmée. Ce n’est pas la voix du Peuple seulement, qui peutparler par oui-dire, mais celle de la Cour 8c de ceux qui y voientplus clair ; & de fait, Sire , il n’a pas été fait pour être celé, en
Zzzij
1 583-
Négociatde M. D u
PLESSIS.