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NÉGOCIÂT.
de M. D u-riEssis.
546 MEMOIRES
Sire , il y a environ quinze jours qu’il plut à Votre Majesté en-voyer au Roi de Navarre un de vos Valets de Chambre , par le-quel vous lui écrivites qu ayant découvert la mauvaise ôe scanda-leuse vie de., vous vous étiez résolu de les chasier d’auprès
de la Reine votre Sœur, fa Femme, comme vermine très per-nicieuse , indigne d’approcher d’un si grand lieu. Le Roi deNavarre, S 1 R E , en remercia très humblement Votre Majesté ,& reconnut ce foin particulier, qu’il vous plaisoit avoir de l’hon-neur & réputation de sa Maison, à très grande obligation. Tôtaprès, Sire , il a entendu que l’indignation de V- M. ne s’est
point arrêtée fur.mais qu’elle a pasie jusques à la
Reine fa Femme : que V. M. revenant de Mezieres, après unéloignement de trois mois , ne Pa point vue à son arrivée : quedès les premiers jours de son retour , elle lui a fait commande-ment de s’en aller en Gascogne trouver le Roi de Navarre sonMari, qui n’étoit pas pour la revoir bientôt, &í toutefois fansqu’elle ait eu cet honneur de vous dire adieu : que s’étant ainsidépartie , vous p asiates en votre Carosie au Bourg-la-Reine , oùelle sit fa premiere dînée , les fenêtres abattues , fans lui parler :qu’à peu d’heures de-là, Sire , entre Palaiseau ôí S. Cler, parutune troupe d’Arquebusiers , commandée par un Capitaine de vosGardes , qui arrêta son train , sa litiere propre , la visita, mit lenez dedans , jusques à lui faire abattre le masque , avec propospleins de rigueurs ; qui plus est, fit quelques personnes de fa fuiteprisonnières à fa vue. C’est un asifont, Sire , que Princesie de cerang ne reçut jamais, même d’un Frere ; qui s’est fait au reste à lavue du Soleil, & est aujourd’hui public par toute la Chrétienté.Quand le Roi de Navarre , Sire , vient à considérer quelle peutavoir été la faute proportionnée à cette amende, il esi en grandepeine , ôc ne peut à quoi se résoudre ; d’autant plus qu’il a connula modération de Votre Majesté en toutes autres actions, qui11e peut avoir pasie fans grande occasion à telle extrémité. C’estpourquoi, Sire , il m’a commandé de venir trouver Votre Ma-jesté , &C la supplier très humblement de deux choses : l’une , c’estqu’il vous plaise lui déclarer la cause de cette si grande indigna-tion , qui la vous ait fait estimer digne de telle indignité ; l'autre,qu’en la peine où il est, qui ne peut être que très grande, vouslui vouliez dire ce qu’il a à faire : ce qu’il attend de vous, com-me d’un bon Maître, tel que lui avez toujours promis de lui etre;tel auísi qu’il J’a toujours espéré. Et pour ce. Sire, j’ai com-mandement exprès de m’en adrestèr seulement à Votre Majesté»