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Tome premier.
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549
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D E L A L I G U E. 545

ner toutes ces personnes en l’Abbaie de Ferrieres près Mon tar-gis, les sépara en diverses chambres, les interrogea chacun à part,voulut avoir leur déposition écrite 8c signée de leur main ; aupartir de-là en renvoya aucuns à la Bastille , où ils ont mêmeété examinés par le Lieutenant du Prévôt : il fait, Sire , queVotre Majesté les a enquises de fa propre bouche de la conserva-tion , des mœurs , de la vie , 8£ de i’honneur de la Reine votreSœur. Quand un Roi prend cette peine , quand un Frere procé-dé si juridiquement, si criminellement, qui peut penser , Sire ,que ce soit pour moins, qu’un crime, 8c encore bien énorme ? Jereviens donc, avec la permission de Votre Majesté, au comman-dement exprès que j'ai eu du Roi de Navarre : si la Reine votreSœur 3 fa Femme , a mérité cet affront, il vous en demande jus-tice toute entiere ; sinon , Sire , il s’astùre pour l’intérêt mêmede votre Maison , que vous lui ferez raison des Auteurs d’unetelle injure.

Le Roi ne nia ni afferma les propos que deffùs ; mais biendit qu’il n’y avoit personne qui pût échapper des calomnies ;que le monde s’étoit licentié de tout temps de parler des plusgens de bien , &c. ; puis vint à dire, que ce saitétoit d’importan-ce, qu’elle étoit sa Sœur; mais qu’elle avoit une Mere, & un autreFrere qui y avoient intérêt comme lui ; qu’il espéroit les voirbientôt, ct se résolvoit d’en prendre avis avec eux, qui seroittelque l’honneur d’un chacun y seroit satisfait ; de-là pasta aiixlouanges de la Reine fa Mere, de prudence, sageffe , vie incoul-pée , Lee., aux obligations qu’il avoit envers elle , non-seulementpour savoir mis au monde , mais pour lui avoir conservé saCouronne , & la révérence que Dieu nous commande de ren-dre aux peres Sc meres, &c ajoutant bénédiction à ceux qui leseront, & malédiction au contraire : qu’il avoit en somme com-mencé cette affaire avec son avis , 8c se délibérois de la finir demême.

Ledit Duplessis répliqua que cela seroit bien long : que SaMajesté considérât que le Roi de Navarre avoit le trait dedansle corps , Lc que par-là il ne lui ôtoit point ; au contraire , quequand il entendroit que ce qui s’est pafle auroit été avec l’avisde la Reine fa Mere, il y auroit de quoi redoubler fa peine , vulc soigneux égard qu’ont ordinairement les sages Meres de con-tre garder la réputation de leurs Filles , le priant pour ce respectd’abréger la peine du Roi de Navarre par quelque réponse quile satisfit davantage.

1583.

Négociâtd £ M. D (J

PLSSS1S.