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Tome premier.
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■Négociât,de M. D v-

J’EESSIS;

55 °

MEMOIRES

II répondit qu’il étoit homme de jugement pour connoîtreque la chose ne pouvoit, ni ne se devoir faire autrement : qu’ilpartiroit dans trois jours de Lyon, s’en iroit aux Bains de Bour-bon , où il avoir à séjourner sept jours avec la Reine fa Femme,pour voir, selon le conseil des Médecins, si Dieu leur voudroitdonner des enfans par cette aide-là : que si c’étoit le bien de sonEtat, il l’en supplioit de tout son cœur ; sinon, qu’il acquiesçoitvolontiers à fa volonté : qu’en somme, dedans le commence-ment d’Octobre il seroit à Paris avec la Reine fa Mere , où peut-être même il verroit son Frere ; 6c tôt après dépêcheroit Per-sonnage qualifié, qui donneroit contentement au Roi de Na-varre.

Ledit Dupleisis répliqua : cependant, Sire , la Reine votreSœur s’achemine vers le Roi son Mari : que dira la Chrétienté,s’il la reçoit ainsi, par maniéré de dire, toute barbouillée ? Et s’ilcareíïe 6c embraíîe ce que vous aurez si indignement éloigné devotre Cour, lui étant Mari, vous n’étant que Frere ? Sire , leRoi de Navarre ne voudra point être réputé Prince fans coura-ge ; il a cherché réputation de magnanimité toute fa vie. V. M.juge, s’il vaut pas mieux que f injure soit satisfaite, premierqu’elle paííè plus outre ?

Le Roi lui dit alors : Que sauroit-on dire, quand il la rece-vra , sinon que c’estla Sœur de son Roi? Oui, Sire, mais d’unRoi juste, qui fait profession de droiture, 6c ne voudroit pasêtre obéi de ses Sujets , même de la qualité du Roi de m-vatre, aux dépens de leur honneur 6c réputation.

La fin fut, qu’il ne se pouvoit faire autre chose , qu’il le fîttrouver bon au Roi de Navarre , qu’il lui rendît en cet actepreuve de bon Sujet, tel qu’il lui étoit né, & astùrât le Roide Navare derechef, qu’il reconnoîtroit cette obligation, d’a-voir envoie incontinent vers lui Personne en qui il le sait avoirpleine confiance, & qu’il tiendra l’honneur dudit Sieur Roi „aussi cher que le sien propre, comme il lui seroit appercevoirdans peu de temps.

Ledit Dupleffis le supplia d’écrire au Roi de Navarre , parti-culièrement ce qu’il lui commandoit de dire ; que c’étoit ma-tières chatouilleuses , desquelles il ne se vouloir reposer en samémoire, pour les inconvéniens qui en adviennent, y étantquestion d’une part, de son Souverain , 6c de l’autre, de sonMaître. Le Roi répondit que telles choses ne se pouvoient bon-nement écrire, 6c que le Roi de Navarre s’en sieroit prou à