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Tome cinquième.
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DELALIGUE. 87

drc Sc anticiper sur les régimes Sc gouvernemens des Provinces,Nations , Sc Roïaumes. Ce qui fut connu entre les Perses, lors-que le lìls de Cyrus second Roi de Perse fut mort : car aprèsqu’on eut fait tuer Mergis ( 1 ) son frère plus jeune , un Mage, ouautrement Astrologue Chaldéen , ressemblant audit Mergis,avec l’aidede son propre frere, enchantèrent si finement Sc dé-çurent le peuple de Perse , qu’ils firent croire que Mergis n’é-toit pas mort, ains qu’il s’étoit caché pour éviter la fureur deson frere : Sc que lui , qui se présentoir , étoit ledit Mergis au-quel appartenoit le Roïaume de Perse , lequel il usurpa , le tintSc postèda quelque tems tyranniquement : Sc furent ses com-portemens fi étranges , Sc fit de si mauvais trairemens aux Prin-ces de Perse, qu’il ne leur étoit permis venir à lui, sinon avecdifficulté, fans grande compagnie, qui donna incontinent oc-casion aux Princes Persans de penser de lui ce que c’étoit, cequi ne put assurément être vérifié qu’après que la fille (2) del’un des Princes de Perse , premierement femme dudit Cam-byzes fils de Cyrus , eut avec grande crainte trouvé pendantqu’il dormoit, qu’il étoit fans oreilles : car ledit Cambyzcs filsde Cyrus les lui avoit fait couper quelque temps auparavantpour quelque délit par lui commis. Depuis quelque temps , ilavoit toujours couvert son chef , de forte que l’on n’appcrce-voit point s’il avoit faute defdits membres. Les Princes dePerse pour fe délivrer de cette tyrannie , occirent avec grandepeine Sc danger lefdits deux tyrans , lesquels, s’ils se tussentcontentés de traiter leurs Cérémonies agréables à la Gentilité ,eussent pu longuement Sc heureusement vivre à leur mode Scfaçon , Sc le Roïaume de Perse eût pu fiorir sans être tant tra-vaillé. Pompée, grand Capitaine , auparavant toujours heureux,depuis qu’il se voulut mêler des Cérémonies sacrées à Rome, Scêtre Augure ou Pontife , commença à perdre fa réputation. Etpour empêcher que Caton ne fût Consul contre sa volonté , ilmentit vilainement, en la présence de tout le peuple Romain ,disant qu’il avoit oui tonner : ce que chacun connoiíloit êtrefaux , étant lors le temps beau Sc serein. II se conjoignit avecCraísus Sc César, à la ruine du peuple Romain , Sc après à lasienne , car il mourut misérablement. Depuis qu’il fe mêla de

( 1) Il faut Smerdis. Voïez Hérodote, li-vre 3. M. Rollin s’est étendu fur ces faitsdans son Histoire ancienne , tome r , cùii donne l’Histoire de Cambife & celle de

Smerdis le Mage.

(1) Phédimej fille d'Otanes, l’un. des plusgrands Seigneurs de Perse.

' 590 .

Discourssur les al-fa i r e s í> £France.