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DE LA LIGUE. S 9
& calamités. Lc régné de Daniel ( i) Prêtre en France, fut pleinde merveilleux troubles , lorsque les Papes féoient en Avi-gnon (2). La France, l’Italie , & les autres pais Chrétiens furent Discgu rsfort travaillés. L’on vit la cruauté d’un Pape jadis Chartreux E aires dequi fit écorcher , traîner fur une claie , & brûler vif l’Evêquc de France.Narbonne , lequel il haïíToit. Clement permit à Charles d’An-jou de lever de grands deniers fur le Clergé. Un autre fit vaquerles bénéfices de ceux qui en avoient plus d’un , <%c furent exci-tés de grands troubles ÔC lamentations entre plusieurs. Fut l’am-bition si grande , qu’au lieu d’un Pape , il s’en fit trois , qui s’en-tre-excommunioient l’un l’autre : & au lieu de maintenir lesPrinces en paix , ils ont pris leurs pafie-temps à les maintenir enguerres querelles l’un contre l’autre. Urbain (z) au Concilequ’il convoqua à Clermont en Auvergne, excita Gog contreMagog , afiàvoir guerre en Surie , qui dura soixante ans , fitraser la barbe aux Prêtres, qui l’estimoient grand cas : & cepen-dant il ne fut jamais question de l’instruction du peuple , ni derétablir la doctrine pure. Par le contraire , chacun íe préparaà la guerre , qui fut transportée en Surie : pour laquelle guerremaintenir , fut puis après accordé que l’on prendroit le revenude chaque bénéfice qm vaqueroit, & ce pour la première annéeseulement. Les Princes députèrent gens pour recevoir ledit re-venu : mais les Papes , qui ont voulu faire leur cuisine grastè , ti-rent à eux tout ledit revenu , Sc enjamber de plus en plus furles Princes Chrétiens, ont voulu faire de forte, qu’icelui revenutombât en leurs mains. Et d’autant que les Empereurs d’Alle-magne ne vouloient consentir à la volonté des Papes , ils leuront suscité de grandes guerres & rébellions contre eux : voireque le fils même s’éleva contre son pere , lequel il contraignit
(1) C’est celui qui est connu sous le 110mde Chilperic II. IÍ fut tiré d’un Monastèrepar Rainfroi , qui le fît rcconnoître Roipar les Grands en 716. II avoir été Clerc.On ne trouve point au vrai , dit Mezcrai,de qui il étoit fils. Quelques-uns croientqu’il l’etoit de Childebett II , d’autres deThicrri I ; & quelques-uns de ce Childcricqui fut assassiné par Bodillon l’an 6 73.
( - ) Si le Roiaume fut rempli de trou-bles durant le Schisme d’Avignon , ce futplus le Schisme en lui-même qui occasion-ïia une partie de ces troubles, que de ce queles Papes siégèrent en Avignon, Les faitssuivants font la plupart outrés > & d’ail-
Tome K
leurs que prouvent-ils ? fi non que dans toucétat il y a eu des hommes qui ont plus sa-crifié à leurs pallions qu'à la Justice.
(5) C’est Urbain II. Le Concile dont onparle , fe tint lan 109s. On y fit trente-deux Canons pour la réforme des moeurs ,Sc l’extirpatìon de la Simonie. La croisadecontre les Infidèles , c’est-à dire contre lesSarrasins, fut prêchée , à la vérité , par Ur-bain II, fur les Remontrances de Pierrel’Hermite ; mais il feroit difficile de con-damner au moins fur cela les intentions duPape. Les Réflexions de l’Auteur, qui sui-vent son récit, sont trop satyriques.
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