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Tome cinquième.
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D E L A L I G U E. 93

Maison , & homme de grand esprir, lequel a su manier les af-faires de France de telle forte , qu’aujourd’hui Tétât de la Cou-ronne en est fi merveilleusement ébranlé , que les plus avisésfont íi troublés , que quasi ne lavent fur quel pied fe tenir. MaisDieu , qui est tout bon Se tout puissant, qui peut Se fait touteschoses convertir en bien, quand il lui plaira par fa bonté Sest-geíle appaifera tant de feux , Se adoucira Se r’appaifera tant detroubles , Se fera connoître aux hommes que ceux qui fe mêlenten la maison d’autrui, ne peuvent que tout renverser Se gâter ;Se que celui qui entreprend contre Se outre sa vocation , ne faitque tout brouiller : Se firent bien les Ecclésiastiques ne fe mêlerdes affaires politiques, lesquels ils laissèrent conduire à ceux àqui il appartient, qui y font propres Se bien instruits. Les Ca-liphes de Cayran dominèrent en Afrique , Se celui du grand Cai-re dominoit aussi en Egypte , tous deux Prêtres Se Pontifes Ma-hométans. Iceux fe entre-excommunioicnt Tun Tautrc abfol-vans les Sujets Tun de T autre , fe comporteront tellement, qu’ilsfurent cause de la ruine de T Afrique Se de toute l’Egypte, oùils introduirent les Arabes , lesquels , fans certain siégé ou do-micile , ruinent, courent Se écument lcfdits pais. Le Calife deBaldac , ou autrement Babylonne , rempli de grands deniersSe fort riche , fut tant adonné à son avarice , qui est un vicepropre Se peoulicr aux Prêtres , que afín de ne dépendre de sonargent, il ne voulut dresser aucune armée , ni lever gens pourempêcher Tamburían (i) qu’il ne ruinât les pais Se peuples àlui sujets , de quoi il fut méritoirement puni par ledit Tambur-lan : car il le fit ferrer Se enclorre au lieu où étoient ses grandsthréfors , fans lui bailler ni souffrir qu’il lui fut donné aucunechose pour le pouvoir nourrir Se alimenter : lui disant qu’il pas-sât son temps avec son or , duquel il fe nourriroit s’il pouvoir.L’on voit de-là , qu’entre tous les peuples Se nations , quelqueReligion qui y ait été tenue Se observée, il est toujours advenuque si les Prêtres ont obtenu ou usurpé domination seigneuriale,ès lieux où ils ont été , ç’a été à la ruine d’eux 8e des peuples quife font laissés assujettir fous iceux. Par tous lesquels exemples ,m oie n s, Se raisons ci-devant déduites , Se que un chacun peutpar fa prudence considérer , fera à jamais notoire Se mani-feste à tous , que les règnes Se dominations des Prêtres ont tou-jours été pernicieux , ont apporté ruine Se désolation aux peu-ples qui fe font soumis Se laissé gouverner par iceux. Et pour ne

(i)C’eítle fameux Tamerlan,

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Discours

SUR LES AI-PAIRES DE

Franc;