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Siégé
Rouíh,
ioS MEMOIRES
" jour dc Décembre : où après lecture d’icelles faite , ils direntà l’Heraut qu’il fît savoir à son Maître qu’on ne se soucioit pasbeaucoup de ses menaces, & que Dieu n'avoir point été fi li-béral en son endroit de ses faveurs 6e m oie n s , qu’ii n’cn eûtréservé quelque portion pour son Peuple Catholique , 6e quel’exemplc des autres Villes qui s’étoicnt rendues à lui n’étoitpoint une suffisante caution dc sa bienveillance ; que quand lesecours des hommes défaudroit, que Dieu !cur est un boagarand, qu’il ne permettroit point que cette Ville, où l’extirpa-tion des Hérétiques fut jurée par le saint Ed’t d’Union, tom-bât fous leur merci Le domination , Le que les Hérétiques Au-teurs de toute désunion y 6lient les ravages qu'ils y tirent auxpremiers troubles: que l’on connoiíTbit aíìèz ses déportemens ,Le qu’ils n’avoient pas oublié la prise d’Eltampcs Le de bou-viers , où furent faits de íi cruels carnages aufíi bien qu’à Ven-dôme, où il fit décolcr Monsieur de la Maille-Bernard (i), 6ependre un Cordelier, Docteur de Sorbonne, nommé MonsieurGeste; que par l’ongle ils connoiíToient le Lion, Le qu’ils n’a-voient pas a faire d’un tel hôte. Et quant au Rci d’Efpagnequ’il a 11 fort en haine , qu’il ne devoir trouver étrange si l'onsuivoit son exemple de íe servir de l’Etranger Catholique , vuque lui-même rempliíîoit le Roïaume d’Allemands. Le d’An-glois Hérétiques, lesquels outre l’hérésie font ennemis conjurésde France; que c’étoic toute la réponse qu’ils lui vouloienrfaire : partant dirent à l’Hérault qu’il se hâtât dc lui porter leurrésolution, qui étoit dc plutôt mourir, que de jamais recon-noître hérétique pour Roi de France, Le qu’ils n’avoient moinsde cœur à soutenir leur antique Religion , que les Calvinistes àsoutenir leur détestable hérésie.
Le Roi de Navarre aïant entendu par son Héraut îa volontédes Habitants, fut extrêmement fâché, car il s’en attendoitrtoute autre chose , & pensoit emporter la Ville sans grande ré-sistance. Se voïant donc déchu de Pespérance qu’il en avoir,il s’approcha , & de premier abord s’empara de l’Eglise saintAndré hors la porte Cauchoise, d’où il vouloit battre la Ville;mais le Sieur de Villars aïant fait amener deux coulevrines furles murailles, le fit auffitôt déloger de-là. Néanmoins il envi-ronna la Ville, de forte que personne n’y pouvoir aller parterre sans son congé , mais par la mer ceux du Havre , à la fa-
(i) M. de Thou dit 3 Maillé de Eenehart, Sc nomme le Cordelier, Ccjsé. y. M. de.Thon, Livre 101..