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veur des galères du Roi Catholique , y venoient à la barbe de il’eanemi, qui n’osoit approcher la Ville de ce côté , tant pource regard , qu’à cause des pièces de batterie flanquées de part r 0 uéc d’autre.
Le jeudi cinquième Décembre fut faite aflemblée généraleen l’Abbaïe de saint Ouen , où fut proposé de faire recherchegénérale des grains qui se pouvoient trouver dans la Ville, 6cen fut donné la charge à Monsieur de Bretinicres, Conseillerau Parlement, & à Monsieur de la Roziere, premier Echevinde la Ville, qui après avoir fait recherche générale desditsgrains , fut trouvé quatre mille muids de bled froment, fansle seigle, orge, avoine, 6e légumes , qui montoient à plus dequinze cents muids. Les Echevins en achetercnt quinze centsmuids qu’ils baillèrent aux Boulangers pour cuire du pain à unfol huit deniers ía livre , pour bailler au menu Peuple, 6ccinqcents muids qui furent destinés pour le pain des Soldats,
Le lendemain on fit recherche générale des habitants quicroient propres à porter armes, 6c ceux qui n’y étoient propresemploies aux ateliers publics des fortifications, dresses pourcet effet au Mont sainte Catherine, Château, vieil Palais, 6cautres lieux de la Ville, Les Païsans 6c autres gens inconnusqui s’y étoient retirés depuis peu , furent mis dehors, afin quele grand nombre d’iceux ne mangeât en peu de temps les pro-visions de la Ville , qui étant bien ménagées , pouvoient sou-tenir le Siège plus de six mois que si telle chose eût été bienprévue des Parisiens, ils ne se fuflent point trouvés aux extrémi-tés où ils se trouvèrent durant le Siège,
Cependant l’Armée du Roi de Navarre croifloit de jour à au-tre , à cause du grand nombre de gens qui lui venoient de touscôtés, alléchés de ['espérance du sac dont il les repaifloit. Etpour cet effet le Maréchal de Biron faisoit diligence de l’en-clorre de tous côtés, ce qui fut fait le vendredi sixième duditmois.
Les Habitants voïant l’cflbrt de ['Hérétique augmenter, serésolurent à une ferme défense ; 6c encore qu’ils fuflent pourvusde braves Chefs de guerre, 6c de bons Soldats , considérantque la force humaine n’eft rien tans la grâce divine , ils déli-bérèrent de íè mettre en bon état pour implorer la miséricordede Dieu par une vraie pénitence. Et pour cet effet, le samedi 7dudit mois de Décembre, fut fait commandement à tous lesHabitants d’affifter le lendemain 8 de Décembre, jour de la-