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Tome cinquième.
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DELA LIGUE.

Saint Léophaire, on fait avancer l’armée sons le voile obscur de ~ ' rla nuit. Monsieur de Joieule avoit quelques jours auparavant fait ^ ’loger au piquet fa Cavalerie ; Sc combien que les Sieurs d’Onous ÏN carmíeS t de Monberaut ( fe craignans que notre armée leur donnât Roi.quelque étrette ( i)au dépourvu) lui confeillaílent continuer cetteprocédure, il n’en voulut toutcsfois rien faire, s’assurant d’êtreà point nommé averti du délogement St progrès des nôtres parune Damoiselle voilìne de Montauban. Cette femme étantmieux connue en ces quartiers par ía grande pétulance, que parles traits de son visage , il ne m’a semblé besoin d’en faire autreplus particulière description ; feulement dirai-je , que quelquediligence qu’elle emploïât pour avertir l’ennemi , íi ne le puc-elle faire si à temps , que nos gens ne fe fustent impatronifésd’un bel avantage : ce que connurent fort bien ces deux géné-reuses âmes Messieurs de Lecques Sc de Chambaut , qui aïantci-devant surmonté infinis autres en la louange qui résulte dela prouesse St prudence militaire , firent état ce jour-là de fesurmonter eux-mêmes , St de sacrifier leurs derniers soupirs ànotre mere la France. L’armée ennemie étoit composée de sixcents Maîtres St quatre mille hommes de pied, compris quatorzecents Lansquenets , restans de plus grand nombre levé en Al-lemagne par l’ordonnance St mandement de l’Empereur R.o-dolphe , comme il fe peut vérifier par les originaux des com-missions dont on s’est saisi après la déroute. 11 y avoit en notrearmée cinq cens Maîtres Sc deux mille cinq cens Arquebusiers.

Les choses ainsi disposées par nos Chefs , Sc chacun s’étant re-commandé à Dieu , on fait avancer cinq cents Arquebusiers yconduits par le Sieur de Clouzels (i) , pour garder la Forêt deVillemur , Sc pouvoir, à la faveur d’icelle, parquer nos forces enlieux avantageux. Etant au bout de la Forêt, on eut divers avisde l’ennemi : les uns disant qu’il étoit au champ de bataille:les autres au contraire assurant qu’il fe tenoit coi : ce qui cuidamettre nos affaires en confusion. Pour obvier à tel inconvénientSc rassurer les courages , Monsieur de Chambaut protesta quefans entrer en plus longue difputation , il fe falloir résoudre kvaincre ou mourir ; cette belle résolution fut secondée par 1cSieur de Pedoue , qui s’offrit à Monsieur de Missillak , pour sai-sir le champ de bataille , moïennant l’assistance de dix Soldats yce que lui étant accordé , il exécute son entreprise avec autant

(i ) C est-à-dire, cju 5 elle ne les attaquât (q M. deThoudic, de Clause!,au dépourvu,