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cn l’Arméep u ’Aox
M MEMOIRES
d’heu r que de bon sens : & tout soudain retourne devers Mon-sieur de Misisilak, pour l’avcrtir de l’avantage dont il s'étoit pré-valu. La Damoiselle , dont nous avons parlé ci-dessus , avoit( mais trop tard ) donné avis à Monsieur de Joïeuse , du progrèsde notre armée ; qui l’occasionna d’appeller fa Cavalerie par lesignal de trois coups de canon : ce que nos Chefs surent bienapprofiter à leur grand avantage , prenant l’cstcuf au bond,avancèrent la partie avec un grand effort. Monsieur de Miffil-liac voïant l’affurée contenance de ses gens , achemine auchamp de bataille son avant-garde , flanquée & favorisée decinq cents Arquebusiers, dont nous avons parlé ci-deíîus. II n’yfut pas plutôt parqué , qu'o n fait alte , pour aviser comme onpourroit attaquer le premier retranchement que l’ennemi avoitdressé le long du chemin qui tire de la Forêt à Villemur. Larésolution fut que les Sieurs de Clouzcl & Montoifon feroientcette attaque avec leurs Régimens. Le soleil éparpillant sesbeaux raïons , donnoit commencement au dix-ncuvieme jourd’Oétobre , 3c traçant ès nues opposites l’arc en ciel, couron-nent notre armée , èc lui présentoir comme un présage de la vic-toire ; ce qui enflamba si à propos les cœurs de nos Soldats,que les Chefs n’eurent besoin de les ferme»ner autrement, sinoncn disant : marchons enfans. Ainsi disposés & gaillards ils at-taquent le premier retranchement , où Monsieur de Joïeuseavoit laide deux cents Soldats , qu’il fortifia incontinent d’au-tre quatre cents. Le courage toutesfois n’étant proportionnéau nombre des hommes , lefdits Sieurs du Clouzcl & de Mon-te» iso n se rendirent bientôt maîtres de ce premier retranche-ment. L’ennemi y fut beaucoup endommagé , Lc notammentpar la perte du Capitaine Labia, natif d’Avignon , fort respectédes siens pour fa valeur : & combien que Monsieur de Joïeusefût réduit en grande perplexité, si eít-ce , que faisant de néces-sité vertu , & déploïant tout le cabal de sa suffisance au métierde la guerre, il montra tant de haut courage & de bon sens,que le seul respect de la Patrie ( qu’il avoit par trop outragée )m’empêchc de regretter son mechef : car on ne pourroit direen peu de paroles , de quelle diligence il envoïa renforcer lagarde des autres Forts. Eres j'ose dire que si fa déterminée ré-solution eut été secondée par l’obéiffance de ses Soldats , il eutpù mieux couvrir le jeu , & contester plus longuement l’hon-neur de la victoire. Tant y a qu’étant réduit en très mauvais.ternies, il donna des témoignages de valeur , qui ne peuvent