15 9 i -
Al’Ol.OGIE
pourlïsPko-
XESTA^S.
t 94 MEMOIRE §
mée, ni ne me mettrois en peine de manifester derechef îeurReligion 6c créance, pour en faire comparaison aux excès desPapes , & de ceux qui suivent la doctrine Romaine , après tantde doctes écrits publiés fur cette matière, par personnages aux-quels je ne fuis digne de me joindre en ce regard: si ce n’étoitque je m’apperçois 6c connois tous les jours plus , 6c même parfréquentation de plusieurs de votre Religion , que j'ai eue ences voïages , où je vous ai rencontré cette année derniere , quela plupart de la Nobleste 8c du Peuple y parle de la Religion parouï dire , & à la volée , fans le soucier de s’informer au vraisoit par la lecture des bons livres , soit par conférence avec gensd’honneur 6c de savoir , du droit en cette cause : 8c même queplusieurs, autrement modestes 8c gracieux, font impatiens delire les longs traités, 8c ont les noms des Auteurs, 8c les lieuxdont ils sortent, suspects 6c presque odieux : ce qui leur faitun tort inestimable. Le commun 6c général en est logé là : maisil est outre ce éveillé 6c éguillonné par les abbois des Prêcheursfans piété , qui l’entretiennent en fureur , 6c est détourné detout opportun remede , par les menées de divers Ministres dela Papauté envieux 6c malins. Bref, il est évident à ceux qui ence temps vont par la France , que cette querelle de la Religiony est nourrie avec plus de dédain 6c de haine ès cœurs de gran-de partie de ceux qui s’appellent Catholiques, que onques au-paravant elle n’a été : comme une semence propre à renouvellesles distensions civiles , à I’appetit de ceux qui s’y complaisenttant dei’un que.de l’autre partie 6c tout par faute , à mon avis ,de savoir que c’cst que des Religions , 6c encore plus parl'ìgno-rance de ce que requiert l’état de ce Roïaume travail e de tantde miseres , 6c de ce qui scroitmême nécessaire au soutènementde chacune maison 6c famille: C’est horreur 6c grande absur-dité de voir que la feinte Religion y íerve de couverture auxambitieux , Sc à toutes leurs mauvaises convoitises , pour main-tenir l’Etat en Toublcs : 8c q u'il soit donné crédit à certainesgens , nonobstant infinis sacrilèges , impudiques propos , 6ctyranniques déportemens qu’un chacun oit 6c éprouve d’cux,.Est-ce signe de cervaux bien composés , d’estimer que la Reli-gion ait lieu , où la Justice est renversée , l’honnêteté. en mé-pris , la loïauté bannie, 6c en somme , où les hommes de toutesconditions fe font dépouillés d’humanité, 8cd’amour naturelle.,,& de tout respect, pour satisfaire à leurs violens appétits ? Non^