DE LA LIGUE.
Monsieur, cela ne peur être (i). Croïez que la Police sert en 1 ““certaine façon de rudimens de la Religion , & que là où l'on J’a '
méprisée Sc dissipée la piété ne se peur loger. M’aïant donc les fourihsProraisons susdites ramené cette indignité devant les yeux de l’a- testans.me , Sc les dangers merveilleux quelle couve , Sc retenant ici,où je fuis un peu en repos en ma maison , vive en moi la mé-moire de l'amitié dont vous m’avez honoré de long temps,
Sc même tout fraîchement, il m’a semblé convenable d’en re-prendre le propos avec vous par cet écrit : comme souvent ilnous est advenu d’en parler de bouche étant ensemble , maispossible avec peu de fruit, à raison des fâcheuses affaires quivenoient traverser nos devis. Partant je vous veux proposerbrievement Sc sommairement, de peur qu’un trop long discoursne tente votre patience , car vous êtes François , ce que lesEglises réformées tiennent Sc croient de Dieu Sc de ses faits ;
Sc quelles causes elles ont eues de se retirer de la Compagniede celle que vous appeliez Catholique , Apostolique Sc Romai-ne. Estimant aussi que l'Auteur, que vous connoiíïez, lequelvous avez honoré d u nom de pcrc , Lc dont en plusieurs bonsaffaires, voire tels qui n’étoient pas du tout éloignés de cetargument, vous avez daigné croire le conseil avec contente-ment , ne vous peut être suspect de fraude, ni possible d’igno-rance en ces choses. Par-là vous vous pourrez mettre en train,de vous certifier astez tôt, que ceux de la Religion reforméecn France , ne font ni Hérétiques , ni Schismatiques ( z ), Scque ceux qui les ont publiés pour tels font imposteurs , quin’eíîaient sinon d’émouvoir troubles au monde par calomnies ,afin de jouir parmi iceux de leurs commodités, Sc retenir leurmal usurpée Sc tyrannique autorité , sur les Peuples Sc fur leursPrinces; Sc qu’en tout ce qui concerne la vie avenir, ils vousdéchoient par fables Sc mensonges. Et si en lisant vous relâchezaucunement de cette vivacité êc promptitude Françoise, (quiest à la vérité vertu quelquefois , Sc fort utile aux exploits deîa guerre, mais retarde souvent, ou empêche le jugement eni’examcn de la raison,) vous connoîtrez évidemment que cescalomniateurs téméraires font eux-mêmes infectés d’Hérésies,
(i) La Foi & la vraie Religion peuvent sentielles qui ont toujours été enseignées &subsister au milieu de tous ces défauts ; mais crues; & l'on est fchifmatique quand on feceux-ci font feulement opposés à la pratique sépare de l’unité : or, c’est le double cas desâa 1 esprit de la vraie Religion. prétendus Réformés. D’ou il fuit qu’on ne
(i) On est cependant hérétique quand on peut les décharger nid’hérésie , ni de Schif-íefufe opiniâtrement de croire des vérités cf- me.
Bbij