DE LA LIGUE. 209
ne profite de rien , mais que c’est l’efprit qui vivifie ; estimonsdonc de ces choses ce que la foi requiert, c’est quelle a euces promesses sous les termes de manger la chair , & boire lesang de Jefus-Christ, pareeque c’est par le moïen de son hu-manité, disposée & soutenue par la divinité en son office de Mé-diateur , que nous recevons justice , sanctification , Le la vieéternelle: Le pour nous montrer Se faire comprendre que noussommes faits chair de fa chair , Le os de ses os, Le tellementfaits un avec lui, que tour ce qu’il a est nôtre, comme un con-tr’échange il a pris nos infirmités , pour les faire siennes , Lenous en délivrer. Que cette manducation spirituelle est conti-nuelle aux vrais Chrétiens , Le qu’elle ne se fait pas seulement enl’acte de la Cene, qui est la manducation Sacramentale , maisque par la Cene cette communication des grâces de Jefus-Christ, voire de lui tout entier, nous est attestée & appliquéeréalement & de fait. Car , ni les Sacremens » ni la prédicationde la parole dc Dieu, que nous tenons pour le principal articledu Ministère , ne font point vuides, ni éloignés des biens spiri-tuels qu’ils proposent ; ils les ont présens , & avec efficace enceux qui croient. 11 est donc nécessaire d’admettre aux parolesde notre Sauveur fus récitées , une figure, par laquelle l’on nom-me communément les lignes du nom dc la chose qu’ils signi-fient , ce qui est familier en toutes langues , mais usitées saintesEcritures tant du Nouveau que du Vieil Testament, principa-lement où il est traité des Sacremens : comme l’on voit au 1 zde l’Exode ,-qu’en la célébration de la Pâque, l’Agneau que l'ony mangeoir est appellé Phase } c'est-à-dire , Passage : & ici où ilest parlé de la coupe & du vin , Saint Luc & Saint Paul le nom-ment la Nouvelle Alliance , ou Nouveau Testament : ce qui nereçoit contradiction aucune.
XXXIV. Quel besoin est-il donc de s’embrouiller parmi lesspéculations des Philosophes humains , pour cuider connoître& comprendre les propriétés du corps glorifié de Jefus-Christ ,qui nous sont cachées pour le temps de cette vie, & de nousfeindre des transubstantiations ( 1 ) , des accidens fans substance,Le recourir aux faux argumens de la puissance à la volonté, oudu pouvoir à l’estet, ôc autres semblables chimères » pour nous
( 1 ) La Transubstantiation n’est point avertir; réfutertout ce que l’Auteur dit surune fiction , mais une réalité ; e'elì un Ar- cela, ce seroit entrer dans une controverseticle de Foi dc l’Eglise Catholique , & non qui seroit déplacée dans cet Ouvrage,une opinion des Philosophes. II suffit d’ea
Tome F. D d
1591.
Apologie
POURLtsPRO
ÏESTANS.