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Tome cinquième.
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D E L A L I G U E. H3

rongeurs de ce pauvre corps décharné de la France : en quoije m’assurc qu ils se trompent en plusieurs sortes. Pour le moinsme fuis-je bien apperçu en traversant pais , qu’il y a des Li-gueurs très ruíés , & avec cela autant èc plus fiers que les plusardents Roïaux diíììmulés que l’on voie , qui ne les veulent passuivre , si ce n’est par occasion , qui ont très bien appris à jouerau boute-hors, 3e qui le sauroient auslì bien faire que leurs pré-décesseurs , lesquels ont au temps des Rois défunts reculé 6e in-dignement abaissé en France les Princes d u Sang Le autresPrinces , Le les Officiers de la Couronne, Le tout tant qu’il ya eu d’illustrcs Le grands personnages entre la Noblcíle Fran-çoise , qu'ils flattent à présent, entreprenant sur leurs charges ,Le marchant pour s’avancer par-deíTìis eux , voire fur les Roismêmes : pensez íi ceux-ci qui sont oii leurs enfans ou leurs dis-ciples , imbus de leur Doctrine , font gens qui veulent demeu-rer arriére : Le vous souvenez du rapport qui vous fut fait iln’y a pas long-temps, du langage de quelqu’un d’cntr’cux, au-qucl on remontreit certain mécontentement d’aucuns Noblesde la Province qu’il occupe , tenans son parti , Le le dangerqu’il y avoir qu’ils ne fe révoltassent Le prissent celui du Roi. Jeles connois bien tous , dit-il , Le auffi tait le Roi de Navarre ;ils sont autant vaillans que sa vans : je fais comment il faut bri-der ces bêtes , Le s’en garder : lui auffi nc les tiendra jamais quepour traîtres rebelles qu’ils font. Voilà en quelle estime ils ontceux qui les suivent , qui les servent, Le qui ouvertement con-sentent avec eux : cela n’est pas flatter le dez, ni un signe qu’ilsaient le cœur bas. S’ils font ces choses au bois vert, que fe ra-ce du bois sec ? Nos Satellites du Pape ne pensent pas à cela,mais communiquent librement partie de leurs discours avec lesLigueurs : Le leur font plusieurs bons offices, aux fins susdites.Et vous voïez assez souvent, qu’il leur est donné relâche Letemps de respirer quand on les voit las, sous ombre de traitésde paix, ou de trêves Le suspensions d’armes , assurances decommerces Le semblables effets , qui ne font qu’occasions re-cherchées , comme tous croient, pour fe joindre Le avoir moïende conférer ensemble , afin de donner forme à leurs concep-tions , Le aviser, si cette guerre cesse, comment ils en pourroientsusciter une autre à l’instant entre les François mêmes : car cesguerres civiles font par eux estimées feules opportunes pour re-tenir leurs autorités Le grandeurs en ce Roïaume , Le les accroi-sse en s’appropriant les gouvernemens Le autres biens de la

H h ij

1591.

Apologie

pouiuesPro-

TESTANS.