DE LA LIGUE.
autant 8c plus d’Ofsiciers, tant dc justice que de finances quejamais, vivans fort à leur aise , 8c n’oubliant rien de leurs pra-tiques accoutumées. Parlerons-nous des mœurs, des pompes 3cfuperfluités en habits , banquets , jeux, amours, 8c autres salesvoluptés , recherchées par ceux à qui en font donnés les moïensnonobstant ces miferes ? Tout cela appartient à la police. Cefont vieilles plaies, à la vérité , dont l’ordurc rend la Franceabominable , 8c y attire le couroux de Dieu. Mais aucune cu-ration n’est de saison , selon nos grands docteurs en matièred’Etat; paíïòns-nous-en donc legerement, auíli-bien cst-ce unpropos malplaifant aux oreilles des plus modestes CatholiquesJRoïaux , pareeque la plupart de ces déduits font exercices ,dont on tient école en France , pour civiliser la jeuneíïe , tantde l’un que de l’autre sexe. Si vous touchez cette corde , sou-dain vous l’orrez résonner ainsi entre la Noblesse Françoise ,Lc les plus apparents du Peuple Catholique. Comment donc ?le Roi penferoit-il bien nous ranger aux façons de ces Hugue-nots rustiques 8c incivils , qui rejettent tout honnête plaisir ?Nous voïons bien ce que c’est : il nous contraindra à la fin d’ê-tre de ft Religion , si nous n’y prenons garde. Et là deífus s’é-chaustant , ils crient ; parla mort , par le sang , nous ne l’en-durerons jamais : qu’il aviíc de fe faire Catholique, autrementil ne fera point reconnu ni obéi. Avec ces élégances , qui fontcommunes à tous âges , tous sexes 8c à toutes conditions , ilsrevêtent leurs argumens , 8e forment leurs conclusions, qui ontpour certain quelque apparence : pareeque ces menus paste-temps touchent en certaine façon , & ont rapport à la ReligionRomaine, d’autant que ce font les appuis , & les foutenemensdes Indulgences de sainte mere Eglise. Or , Monsieur , lais-sons rasteoir ce bouillon François, & raisonnons un peu mieux.Les excès qui suivent les appétits fans frein , les voluptés , 8c ensomme, la corruption des mœurs, porte quant 8c foi outrage ,injure 8c dommage à autrui. Vous savez que de là font produi-tes les querelles , que les frais excessifs amenent à pauvreté , quela fraude 8c déloïauté suivent, tant que ces maux croisant 8cpastant d’un particulier à l’autre , confusion advient au général,8c ruine à l’Etat. Tous sentent fort bien cela , quand il s’a-dreílè chez eux : mais pour chose qui touche à autrui, l’on nes’en émut point. Or , quand le Roi feroit conseillé 8c servi ensi louable entreprise , que de faire observer les bonnes loix encct endroit entre fes Sujets , ne les mettroit-on pas au devoir
Xi ij
1592.
Apologiepour lesPro
TEST ANS.