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Tome cinquième.
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i 5 i MEMOIRES

"" de Prince bien avisé ? fcroit-il cn cela violence à la loi de Dieu

1 ôc de nature ? Outrepastèroit-il même les réglés de la prudence

ïouriesPro- humaine, approuvées de tous âges , ôc reçues entre toutes Na-ïistans. tions ? Nullement , ce me semble ; mais la Religion est tout

un autre fait, où on ne procede point par force ni contrainte,fi ce n’est parmi des barbares Ligueurs , gens inspirés par lesPapes , qui n’ont icelle que pour couverture à leurs méchansdesseins. Qui eft-ce qui vous fait douter des déclarations ôcpromeíles que Sa Majesté a st solemnellcment faites pour ceregard? qui font tellement appuïées de la raison ôc justice,( ôté le langage chicaneur qui n’est point Roïal , dont on les arevêtues : mais, considérées en leur naiveté , ôc selon l’inten-tion dudit Seigneur ) qu’il n’y sauroit trouver aucun échappa-toire. Est-ce son naturel ? Vous n'en sauriez choisir au mondetin plus franc , ce me semble. Mais il ne devoir donner aucunOffice , aucune dignité en l’Etat , ni aucun commandementdans les Villes conquises aux Huguenots , selon qu’il étoit ac-cordé à son avenement , ôc toutesfois il l’a fait. Avisez bienquel langage vous tenez : car ainsi parlent les Ligueurs , quien veulent à ces diligentes gardes de la bergerie , laquelle ilstâchent de détruire. Possible avez-vous mal entendu , ôc pi re-nient interprété les termes de ces prétendus accords , ôc ensupprimez peu franchement les conditions exprestes, ou taisi-bles, ôc naturelles. Craignez-vous le conseil de quelque Réfor-mé , qui incite ce Prince à un aéte si mal proportionné , quede vous forcer en votre Religion , comme on les a voulu for-cer en celle qu’ils suivent ôc retiennent ? C’est être très-mal in-formé de leur doctrine, ôc de l’ordre de leurs Eglises ; où cer-tes ils n’ont point accoutumé de recevoir aucun , s’ils ne levoient volontairement disposé de s’y entretenir avec piété ôcmodestie, s’il ne proteste d’y vouloir être instruit, Sc qu’il n’yuse de diligence. Non , non, ne craignez pas cela ; ils n’ontgarde de vous recevoir ainsi, animés que vous êtes cn cette lice ,ce n’est avec vous qu’ils y veulent courir , vous leur feriez rom-pre le col : vous êtes trop farouches. Au contraire, ce fera tou-jours par leur avis, ôc de leur consentement que vous retien-drez vos exercices de Religion , jusqu’à ce qu’une meilleure insimiction vous faste prendre envie de les quitter. Si vous les re-tenez avec dévotion , ils vous en priseront davantage. Ils onttoujours plus estimé un Papiste , qu’un mauvais Huguenot.Assurez-vous que pour cela ils ne rompront jamais la concorde.