DE LA LIGUE.
L’on nc tire pas les hommes à la Religion Réformée commevous pensez : il faut que Dieu les y appelle premierement, 6cprincipalement; que leurs cœurs , dis-je, y soient par lui dis-posés. Ce sont effets qui ne sont pas en la main du Roi, il lesaitôc estaílez bien instruit pour se contenir en ses bornes , ence regard. Bien est-cedu devoir 6c de l'office roïal, de donnermoïens convenables à ses Sujets d’être religieux à bon escient,6c procurer que la vérité pure soit connue , 6c mise en éviden-ce , 6c même de préparer ceux qui vivent sous fa domination àla vraie piété & sincère Religion , par la correction des mœurs,6c retranchement des vicieuses superfluités en tous états , 6c ensomme, par l’introduction d’une meilleure police ; 6c le doitfaire Sa Majesté au plutôt , y emploïant tous les moïens queDieu lui met en main , fans qu’il doive grever à aucun qui s’a-tître Gentilhomme , ou qui s’estime digne de tenir place entreles gens de bien 6c d’honneur : 6c faut bien que vous entendiez,que quiconque murmureroit contre cela , ou s’y opposerait,entreprendrait pour certain de forcer le Magistrat en son Of-fice : excès autant étrange que celui du Magistrat qui voudraitcontraindre ses Sujets non instruits de changer de Religion.Mais reprenons nos erres , 6c avisons avec quelle dextérité lesarmes sont réglées en France : qui font les remedes , que plu-sieurs estiment seuls opportuns à tous nos maux. V o ions , dis-je,comment la guerre est demeurée aujourd’hui pour réduire lesrebelles à leur devoir. Je crois bien que nous trouverons encette question moins d’accord entre nous , qu’il n’y en a entreles Médecins de ce temps : dont les uns disent que les contrai-res sc curent par leurs contraires , 6c les autres affirment quechaque malignité se corrige 6c rend ploïable à si semblable.Lesquelles maximes il n’est possible que les Maîtres trouventm oie n d’accordcr en leur art, 6c que toutes soient vraies seloncertaines raisons : mais en la matière qui s’o sire en notre dis-cours , excusez-moi si je me tiens à la premiere , encore queceux, sous qui nous marchons , nous tirent à l’autre , plus com-mune & approuvée en ce temps. Je me fuis toujours persuadé ,que s’il y a choie entre les actions humaines , qui requiert ordrepolice , 6c le frein de justice , c’est la guerre qui se fait pourl’aiTiendement de i’Etat : 6c que sans cela elle l'empire 6c dé-truit : voire que toute guerre fans ordre 6c discipline est soible ,6c mime que c’est un détestable brigandage , quelque bon fon-dement qu’ehe ait. 11 y en a toutessois qui disent , qu’il faut
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Apologiepoij r les Pro-testais.