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Apologiepour lesPrgtestans.
156 MEMOIRES
ditieux, à des rebelles, ennemis déclarés de fa Couronne ÔC defa personne , ainsi qu’il feroic contre un Prince ou Potentatcomme lui,( erreur principale en matière d’Etat ). Car cela cst-ceautre chose que partager le Roïaume avec eux, leur accorderqu’ils ont titre de posséder les Villes 3 c Provinces qu’ils usurpent,de l’ambiguité duquel on débat aujourd’hui ; 6c , comme l’onparle au Palais , quitter le postèlTbire pour venir au petitoire ?Tous craignent leur peau, disent nos mignons. Quoi ? il l’onleur faifoit leur procès , quand ils tombent en nos mains , com-me ils le méritent, ils nous feroient pastèr par même tamisquand ils nous tiendroient. O voix dignes de la postérité de cesFrançois, qui ont établi l’Empire d’Occident, subjugué ì’Aíìe,bouleversé l’Afrique ! O charité admirable des Chrétiens de cesiecle, duement opposée à celle de Curce, des Deccs 6c tels autresPaïens , vouans leurs vies à la fureur de leurs démons , pourdétourner les maux de leur Patrie ! Mais il y avoit de la supersti-tion. Oui pour certain , parmi laquelle toutesfois il y avoit aussiquelques étincelles de vertu , dont nous ne tenons tache. Cestui-ci pour le moins cil franc. La crainte de la mort certaine , igno-minieuse , cruelle, empêcha-t-elle Rcgulus de donner très salu-taire conseil à fes Concitoïens, 6c au partir dc-là fe remettreès mains des Carthaginois ennemis , pour ne leur défaillir depromesse ? Et vous, libres, armés de toutes pieccs, qui avez vosvies 6c vos libertés en vos mains ( s’il faut ains parler ) , ne faitesdifficulté , pour éviter des hazards incertains , de détourner lajustice de Dieu, contre le devoir, l’obligation, 6c le fermentque vous avez à Sa Majesté divine, au Roi qu’elle vous adonné, 6c au rang de Nobieílè que vous occupez. La justice ,di$-je , le cours de laquelle doit être le but de cette guerre, 6c noní’intérêt ni le proíìt des particuliers ; dont un seul acte exemplaire^ibbaistèroit plus le cœur auxennemis , que ne feroit la perte dedix mille hommes en un jour de bataille ; tellement que st vousteniez cette voie légitimé 6c agréable à Dieu, qui hait égalementi’épargne du sang des iniques 6c la profusion ac celui des inno-cens , ou ils Ce rangeroient tous à leur devoir, implorans la clé-mence de leur maître, ou ils vous feroient livrés l’un après l’autreen peu de temps. Ne mettez point cela en doute , si vous estimezqu’il y ait un Dieu au Ciel, tout-puisfant, aïant foin de ceschoses baffes. Exercez , Justiciers , exercez sévèrement cette jus-tice que vous avez en main ainsi qu’il faut ; 6c vous Guerriers,combattez hardiment pour domjer lieu à la justice, 6c laistez les
évenemens