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Tome cinquième.
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Apologietour lesPuotestais.

i 5 & MEMOIRES

Vous me direz que partie des deniers assignés aux Gouverneursfont emploies à dresser de nouveau plusieurs belles fortercsïcsparmi la France, voire avec autres, qu’ils trouvent moïen delever à cet effet, fans les corvées. Et au profit de qui ? Estimez,je vous prie , que c’eít une autre grande faute en matière d’E-tat, même là , où il y a tant de gens qui font accoutumés à fe re-beller , à commander seigneur!alement Le point à obéir, de leurbâtir ainsi des forts par le Païs , lesquels fe trouveront fans douteautant de retraites Le de magasins de rebelles , qui voudrontfaire la guerre au Roi Le à fa Justice à l’avenir. Croïez que par-làl’audacc Le les m oie n s de démembrer cette Couronne , ferontfacilités à ceux qui la veulent détruire. Ces façons ont été in-troduites à dessein, par la mauvaifeté d’aucuns, approuvées peuprudemment par autres d’assez bon cœur, mais qui par trop lescroient Se révèrent, Le lesquels ne font pas en petit nombre;mais maintenant la pratique en est fermement retenue Le poursui-vie par quiconque fe trouve en fait, malgré ceux qui s’apperçoi-vent de l’crrcur Le y voudroient remédier. Si les Lieutenans deS. M. eussent en effet mis aux champs depuis deux ou trois ansbonne partie des mortes paies , qui ne font qu’en idée en leursGouvernemens, la Ligue feroit dénichée de la plupart des con-trées de France , & n’y auroit-on plus besoin de tant de garnie*sons, ni des Forts , où l'on croupit à présent, à l’cntretcne-ment dcfquels font englouties inutilement nos finances. Lesguerres fe font en tenant la campagne: on les finit en donnantdes batailles Le en assiégeant Le prenant les Villes où les Enne-mis ont leurs retraites. Ces choses essaie bien le Roi de fairelà où il fe trouve , comme grand Capitaine qu’il est, Le y in-vite Le attire à son pouvoir ( trop gracieusement tcutesfois ) tousceux qui fe disent fes Serviteurs. Mais quoi? tout lui est rendudifficile, Le les victoires même, qu’il obtient par fa vertu Lebonne conduite, reviennent à néant, par la malice des uns ,l’impaticnce des autres Le par l’jgnorance presque générale. C’estla voix publique ; le fait y est tout évident ; de quoi ferviroit dedéguiser les choses ? Ses armées, souvent au besoin harraílees, fetrouvent toujours imparfaites Le nécessiteuses. Qui fait corpsd’armée près de S. M. , que les Etrangers ? Que fait cette Cava-lerie Françoise si souvent mal soutenue Le mal accompagnée desmembres qui lui font nécessaires , que d'aller Le venir , Le re-présenter la plupart comme un flux Le reflux, lavant Le dégrais-sant la terre autour de ce Prince généreux i Lequel commande