D E L A 1 I G U E. i6 s
Romanesques > &c nous pourrions assurer , si nous avions fait "-"
perdre à ces faines Peres à leurs Nonces &C Ambassadeurs,ie chemin de France, que notre sang &C nos deniers , dont pour'lesPrÔ-ils se jouent, seroient grandement épargnés : &, qui plus est , testans.d’avoir un grand repos en nos consciences. Et quand on y aurabien pensé , on trouvera qu’il est du tout besoin d’en venir là,pour rétablir i’état de nos affaires. Parquoi disposez-vous à vo-tre bien & honneur en cet endroit , & persuadez à tant degrands Seigneurs , &C Gentilshommes d’honneur qui vous ap-partiennent par parenté ou alliance, & se ressentent de la mor-sures de ces loups enragés , de faire de même , de peur que nesentiez les durs changemens qui nous talonnent , pour avoirméprisé ce que nature seule 6>Z votre condition vous peuventremontrer sims moi. Quant à ceux de la Religion Réformée,vous les connoiílèz résolus , & vous pouvez assurer qu’en ces•rudes tempêtes , qui font ainsi crouler ce pauvre Etat, ils semontreront toujours bons François : prompts à le défendre àieur pouvoir contre les manifestes attentats des Papes , & detoutes les Puissances qui leur adhèrent, ou leur font conjoin-tes : ce qu’ils désirent faire avec vous , pour le bien communtemporel ; car quant au spirituel, c'est un fait qui leur est par-ticulier , où je ne vous invite pas pour cette heure. Ne les re-fusez point pour concitoïens 6c compagnons : ne les étrangezpas , dis-je , à ce besoin qu'a la France du secours de tous sesbons & légitimes enfans , pour maintenir l’autorité de ses loix& de sc s Rois , combattue tant de fois par ces Dieux supposés.
Car ce n’est pas d’aujo.urd’hui qu’ils portent haine & envie ànotre nation , ôc à nos Princes, en récompense de tant de biensqu’ils ont mal emploïés à les aggrandir : ils se sont cuidés lan-cer , hurlant furieusement contre nous souvent &c à plusieursreprises , mais la vertu de nos ancêtres a toujours trouvé moïende les emmuseler : comme font foi les actes de nos Rois , en-core qu’ils ne fussent que trop empêtrés ès laqs de leur feintesainteté. Et néanmoins que leur audace passe toute mesure,voire pareeque nous nous sommes rendus contemptibles nous-mêmes par nos discordes : ores , dis-je , qu’ils mordent, dé-chirent & écorchent à bon escient , sera-t-il dit que vous dé-génériez ? & que bercés par quelques mauvais Ministres ensor-celés de ces poisons étrangers , vous demeuriez endormis &stupides aux malheurs qui nous viennent de Rome & d’Espagneson adjointe ? Dieu ne le veuille permettre : participez plu-Tome V» L1