DE LA LIGUE. r 57
jufqu’aux extrémités de la terre, avec grandes armées , pour y " l 1faire la guerre aux infidèles ; les autres combattu plusieurs foisceux qui vouloient introduire nouvelles Sectes & erreurs, con- duc R dtre la foi 8c créance de leurs pères; en tous lesquels exploits , ils Mayenne.ont toujours été assistés de leur n obi este , qui très-volontiers cx-pofoient leurs biens Sc leurs vies à tous périls , pour avoir parten cette feule vraie Sc solide gloire , d’avoir aidé à conserver laReligion en leur pais , ou à Rétablir ès pais lointains , esquelsle nom & l’adoration de notre Dieu n’étoit point encore con-nue: qui auroit rendu leur zele Sc valeur recommandablcs partout , 8e leur exemple été cause d’exciter les autres Potentatsà les ensuivre en Phonneur 8c au péril de pareilles entreprisesSc conquêtes. Nes’étant point, depuis, cette ardeur Scsainte in-tention de nos Rois 8c de leurs Sujets, réfroidie ou changée ,jufqu’à ces derniers temps que l’hérélic s’est glissée si avant dansle Roïaume , 8c accrue par les moïens que chacun fait, & qu’il11 ’est plus besoin de remettre devant nos yeux , que nous som-mes enfin tombés en ce malheur, que les Catholiques mêmes,que Punion de PEglife devoir inséparablement conjoindrc, fefont par un exemple prodigieux 8c nouveau, armés les uns con-tre les autres, 8c séparés , au lieu de fe joindre ensemble pourla défense de leur Religion. Ce que nous estimons être advenupar les mauvaises impressions 8c subtils artifices , dont les Hé-rétiques ont usé , pour leur persuader que cette guerre n’étoitpoint pour la Religion , mais pour usurper ou dissiper l’Etat:combien que nous aïons pris les armes , mus d’une li juste dou-leur , ou plutôt contraints d’une si grande nécessité, que la cau-se n’cn puisse être attribuée qu’aux auteurs du plus méchant ,déloïal 8c pernicieux conseil , qui fut jamais donné à Prince :
8c la mort du Roi advenue par un coup du ciel, 8c la main d’unseul homme, fans l’aide ni le fu de ceux qui n’avoient que tropd’occasion de la désirer ( 1 ). Nous aïons encore témoigné quenotre seul but 8c désir étoit de conserver l’Etat, 8c suivre les
(1) Ces sentimens duDuc.de Mayennefont conformes à ce qu’on lit dans une Let-tre qu'il écrivit à Philippe II, Roi d’Efpa-gne, immédiatement après l’assassinat deHenri III. L’original de cette Lettre , étoitentre les mains de M. le Duc de Valenti-nois ; & c'eft fur cet original quelle a paífédans une Note de la Traduction Françoisede l’Histoire de M. de Thou , Tome II,pag. í67, Elle est conçue ences termes.
Lettre du Duc de Mayenne à Philippe II,Roi d’Efpagne, interceptée par M. le Ma-réchal de Matignon , qui fit arrêter à Bor-deaux le Courier qui en étoit porteur.
» II a plu à Dieu nous ôter un Roi qu’il-- avoir laissé quelque temps pour affliger53 ses Sujets ; feutre prise de fa mort aéré33 faite Si exécutée par un Jacobin , de son33 mouvement, comme par inspiration di-» vine , Sc sans qu’il y ait été aidé, ni poussé