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Tome cinquième.
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DE LA LIGUE. 271

personne ne pourroit douter que notre intention ne fût telle.

Ces ouvertures & déclarations aïant été faites lorsque nous ^ 'avions plus de prospérité ôc de moïen pour oser entreprendre,si ce désir eut été en nous, plutôt que de servir au Public, & Mavenni,chercher le repos du Roïaume. A quoi chacun fait qu’il auroittoujours répondu qu’il ne vouloir être forcé par fes Sujets, ap-pellant contrainte la prière qu’on lui faifoit de retourner à l’E-glisc , qu’il devoir plutôt recevoir de bonne part, & commeune admonition salutaire , qui lui repréfentoit le devoir auqueiles plus grands Rois font auíìi bien obligés de satisfaire , queles plus petits de la terre : car quiconque a une fois reçu leChristianisme , & en la vraie Egliíe, qui est la nôtre, dont nousne voulons point mettre l’autorité en doute, avec qui que cesoit, il n’en peut non plus sortir, que le soldat enrôlé se dépar-tir de la foi qu’il a promise & jurée , fans être tenu pour dé-serteur & infracteur de la Loi de Dieu , Sc de son Eglise. II aencore ajouté à cette réponse , après qu’il feroit obéi & recon-nu de tous fes Sujets , qu’il fe feroit instruire en un Concilelibre général : comme s’il falloir des Conciles pour une erreurtant de fois condamnée & réprouvée de l’Eglife , mêmes parle dernier Concile tenu à Trente, autant authentique solcm-nel qu’aucun autre qui ait été célébré depuis plusieurs siécles.

Dieu aïant permis qu’il y ait eu de l’avantage depuis par legain d’une bataille , la même priere lui fut encore répétée ,non par nous qui n’étions en état de le devoir faire, mais parpersonnes d’honneur , désireux du bien & repos du Roïaume ;comme aussi durant le siégé de Paris par les Prélats de grandequalité , priés d’aller vers ìui de la part des assièges , pour trou-ver quelque remede en leur mal. Auquei temps s’il s’y fut dis-posé , ou plutôt si Dieu par son Saint Esprit, fans lequel per-sonne ne peut entrer en son Eglise , lui eût donné cette vo-lonté , il eût beaucoup mieux fait esperer de sa conversion auxCatholiques , qui font justement soupçonneux & sensibles enla crainte d’un changement qui regarde de si près à l'honneurde Dieu , à leurs consciences , & à leur vie , qui ne peuventjamais être assurées fous la domination des Hérétiques. Maisl’efpoir auqúel il étoit lors d’astujettir Paris , & par cet exem-ple , la terreur de fes armes , &L les moïens qu’il se promettoittrouver dedans , d’occuper le reste du Roïaume par la force,lui sire n t rejettes ces conseils de réconciliation à l’Eglife , quipouvoient unir les Catholiques ensemble , & conserver leur Rc-