DE LA LIGUE. -7;
írieme s’cstarmé íl souvent contre nos Rois, pour introduire une 1592 .nouvelle doctrine dans le Roïaume , que plusieurs écrits 6c li- 'belles diffamatoires ont été faits Lc publiés contre ceux qui s’y PU duc peoppofoient, 6c don noient conseil d’étouffer de bonne heure 1 c Mayenne.mal qui en naissant étoit foiblc,qu’il vouloir lors qu’on crût fesarmes être justes , parcequ’il y alloit de fa Religion 6c de fa cons-cience ; 6c que nous détendons une ancienne Religion , aussi-tôt reçue en ce Roïaumc qu’il a commencé , 6c avec laquelleil s'est accru jusqu’à être le premier 6c le plus puiílant de laChrétienté , que nous connoiíTons astez ne pouvoir être gardéepure , inviolable 6c hors dc péril fous un Roi hérétique : en-core qu'à l’entrée, pour nous faire poser les armes , 6c le rendreMaître absolu, on en dissimule 6c promette le contraire. Lesexemples voisins , la raison , 6c ce que nous expérimentons tousles jours, nous devroient faire figes 6c apprendre que les Su-jets suivent volontiers la vie , les mœurs , 6c la Religion mêmede leurs Rois , pour avoir part en leurs bonnes grâces, hon-neurs & bienfaits , qu’eux seuls peuvent distribuer à qui il leurplaît; 6c qu’après en avoir corromou les uns par faveur, ils onttoujours le moïen de contraindre íes autres avec leur autorité6c pouvoir. Nous sommes tous hommes , 6c ce qui a été tenupour licite une fois, qui néanmoins ne l’étoit point, le fera en-core après pour une autre cause , qui nous semblera aussi justeque la premiere qui nous a fait faillir. Quelques considérationsent fait que plusieurs Catholiques ont pensé pouvoir suivre unPrince hérétique , 6l aider à Rétablir ; î’aspcct des Eglises , desAutels, des monuments de leurs peres , plusieurs deiquels fontmorts en combatant pour ruiner l’hérésie qu’ils soutiennent , 6cle péril de la Religion présent 6c à venir , ne les en ont pointdétournés. Combien devrions-nous donc. plus craindre fes fa-veurs 6c fi force , s'il étoit établi 6c devenu notre Maître 6c Roiabsolu , lorfqu’un chacun las 6c recru , ou plutôt du tout ruinépar cette guerre , qui leur auroit été si peu heureuse, aimeroitmieux souffrir ce qu’il lui plairoit, pour vivre en fureté 6c re-pos , 6c avec quelque espoir de loïer 6c récompense , obéissantà fes commandemens , que de s’y opposer avec péril ? On ditque les Catholiques feroient tous unis lors, 6c n’auroient plusqu’une même volonté pour conserver leur Religion ; pour ainsiqu’il íeroit aisé d’empêchcr ce changement. Nous devons dési-rer ce bien, 6c toutesfois nous ne l’osons esperer si à coup. Maissoit ainsi que le feu éteint, il n’y ait à l’instant plus de chaleurTome V, M m