zs8 MEMOIRES
î “i tre de la Reine d’Angleterre : Sc combien ils font contraires à) tous reglemens militaires , aux respects mutuels des Princes, Sc*ontre u ' à tous exemples d’humanité Chrétienne observés de tout temps,Reine d'An- même en l’ardcur des guerres , contentions , Sc querelles qui«leurre. surviennent entre les Princes. Car ceux-ci ont lâchement atten-té de ravir la vie à la Reine d’Anglcterre , non par armes Sc parles actions ordinaires de la guerre , mais clandestinement Lc parassassinats recherchés en diverses fortes : chose qui depuis lecommencement du monde, lorsque Caïn le premier meurtriertua son frere AbcL , a toujours été detestée Sc de Dieu Sc deshommes. C’est ainsi que ce Roi a toujours voulu poursuivre lecours de ses injustes Lc ambitieuses entreprises , pour ranger fousl’honneur de fes conquêtes les Provinces Le Roïaumes d'unetelle Princesse après qu’il l’auroit ainsi valeureusement vaincue.Cela , dis-je , étant à plein vérifié par une manifestation indu-bitable des actions du Roi d’Efpagne d’un côté , (ans que ja-mais on ait attenté ni pourpenfé aucun fait semblable de la partde la Reine d’Angleterre ,• tout le monde pourra toucher audoigt lequel de ces deux Princes est à condamner 3 Sc les actionsà détester, selon la réglé d’honnêteté Sc justice.
Or, je dis qu’il ne fe peut nier , que la vie de la Reine d’An-gleterre ( i ) n’ait été ci-devant Sc fouventesfois recherchéepar des meurtriers apostés , dcfquels plusieurs ont été appréhen-dés , justement condamnés , Sc publiquement exécutés à mort.Et en quelques-uns de tels attentats ont été enveloppés aucunsdes Ministres du Roi d’Efpagne, comme Bernardin de Mendo-fe (i) Sc fes semblables. Mais outre tout cela , que le mêmen’ait été notoirement projetté Sc poursuivi, principalement parJes pratiques Espagnoles, cela fut, n’a paslong-temps , du toutmanifesté par l’appréhension , confession , condamnation , Scexécution de trois Portugais , lesquels après avoir été saisis , at-teints , convaincus , Sc selon leur propre confession , condam-nés , quand ils furent ès places de leur exécution , demande-ront , pour ce regard , pardon à Dieu publiquement avec signesd’une vraie repentance , Sc persisteront constamment jufqu’à lafin en leurs affirmatives , avec grandes exclamations contre leRoi d’Efpagne Sc fes Ministres , par lesquels ils avoient été misen besogne , Sc pour la fin scellèrent de leur propre sang leursconfessions être véritables.
(i) C’étoit la Reine Elisabeth.
(sj Oa adéja parlé de Bernardin de Mendoz*.