DE LA LIGUE. 315
Pautrc à'Ibarra, datées à Bruxelles les i z Sc 14 de Decem-bre 1593.
11 se pourro.it tirer beaucoup d’autres preuves des manifestescirconstances exprimées, tant en l’examen de ces trois hom-mes , qu’en leurs Ecrits , partie interceptés par le chemin ,partie saisis avec eux lorsqu’ils furent appréhendés, pour vé-rifier que la source de ces malheureux desseins Sc plus quepaïennes actions , est procédée du Roi d’Espagnc Sc de lesConseillers. Mais attendu la concurrence entiere, fans aucunecontrariété ou variété , de ces trois Portugais en toutes leursconfessions ci-deíTus récitées, la preuve est aster notoire, qu’ilscroient attirés à cet ester nommément par Conseillers du Roid’Espagne, lesquels aussi se disent avoir eu mandement de leurRoi pour cet ester : sans qu’autrcment il y eut en eux aucunemauvaise disposition ou malice précédente envers Sa Majesté ,Sc fans aucune injure ou dommage par eux reçus de la part oude la Reine , ou de ses Sujets. Et fur cela la rcpentance deManuel Lewis pour son forfait contre Sa Majesté , est bienconsidérable, selon que bien peu devant sa mort, aïant écritde sa propre main le récit de tous ses comportemens en cetteaction, il en fait la conclusion par ces paroles : Dieu doint parfa divine merci , que toutes ces choses machinées & projettées parle Roi d'Espagne contre la Majesté de la Reine , ne puisent ja-mais avoir aucun effet. Et Dieu doint par fa bonté, que toutes cestrahisons ains ourdies puiffent être découvertes & rompues , enprolongeant par longues années la vie de Sa Majesé , avec adjonc-tion de plus grands Etats, selon qu elle le mérite , & que Jes loïauxSujets le dejìrent.
Or, ces choses bien considérées informent à plein tout lemonde , pour juger , nonobstant tous déguisemens contraires ,avec quelle fureur Sc barbarie la Reine d’Angleterre est indi-gnement outragée ; Sc combien le Roi d’Espagne, par le pro-pre témoignage de ses Conseillers intimes , mérité d’être con-damné devant Dieu Sc les hommes : si ce n’est qu’après en êtreinformé, il se veuille décharger de l’imputation Sc diffame d’unsi vilain crime devant Dieu , par une punition convenable deses Conseillers , tant pour leurs propres faits que pour leurs rap-ports cc diffames , si tant est que faussement ils les aient forgésde lui, qui est leur Roi Scieur Prince. Mais en cas qu’iî méprisede s’acquiter de ce devo'r , nul ne pourra blâmer Sa Majesté »si. elle se pourvoit par quelque autre voie , ce que jusqu’à pré-TomeKi R r
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Conjurât
CONTRE LA
Reine n’AJHGUTERRE.