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Conjurât,
CONTRE LA
Rfine d’An-gleterre.
318 MEMOIRES
le tiers d’entr’eux maintenant prisonnier , s’étoit auparavantoffert à Hoit par ses lettres , d’attenter aussi ce fait Jui-même :aïant, déplus, voué & pris fur foi de tuer le principal 8c de. plus ^rand nom , d’entre les Conseillers de la Reine.
Ces trois hommes Yorkc , Williams 8c Yong , s’étoicnt réso-lus , étant arrivés cn Angleterre , de fc mettre au service dequelques-uns des Seigneurs du Conseil de la Reine, qui fontordinairement près de fa personne, pour avoir accès plus libreà la Cour, 6 c par ce moïen , chercher chacun d’entr’eux plus àpropos leurs opportunités d’attenter ce qu’ils avoient projettécontre Sa Majesté. A quoi pour parvenir , ils disent avoir euplusieurs conseils 8c desseins selon l’opportunité des temps 8cdes places. Suivant cela Yorke étant arrivé à Calais chercha lesm oie n s vers l’un des Seigneurs du privé Conseil de Sa Majesté ,d’obtenir un paíîeport pour son assurance plus grande. Maisleur méchant dessein étoit déja si bien découvert, que bon ordreavoit été mis de les appréhender dès leur premicre arrivée , com-me de fait ils furent pris 8c mis en sure garde.
Or, maintenant encore qu’il soit bien connu que telles pro-cédures déloïales ont souvent été cfiàïées ; que souvent les cou-pables ont été pris 8c exécutés ; que plusieurs vivent en leurscachettes non encore pris 8c découverts ; encore derechef quepar la bonté singulière de Dieu 8c fa protection spéciale pour ladéfense 8c conservation de Sa Majesté, tels desseins aient sou-vent été mis à néant : fur tout néanmoins , ces deux dernie-res conspirations , la premicre de ces Portugais , désignée parle conseil 8c au nom du Roi d’Efpagne , 8c cette derniered’Yorke 8c dcícs complices amorcés à cela par la grande récom-pense que leur promettoit son Secrctaire Ibarra , mettent envue manifeste de tout le monde , combien avec grande barba-rie 8c inhumanité , ces infâmes actions prennent leur origined’Eípagnc. Joint aussi que de là , font maintenus par grandespensions une multitude d’hommes jugés traîtres 8c fugitifs deleur patrie : lesquels toutesfois ne rendent autre efpece de ser-vice audit Roi , que de fe rendre instrumens de telles actionsbarbares, 8c de lui servir d’cfpions contre leur païs même. Enquoi néanmoins, pour le plus souvent , ils abusent le Roi 8c fesMinistres par mensonges controuvés : au lieu de lui faire desrapports qui soient véritables , ou d’assaires de quelque impor-tance qui soient dignes de leurs pensions si grandes.
Conclusions , donc ces choses étant ainsi , que nous avons