DE LA LIGUE. 3 , 9
mis en avant, pour mieux satisfaire à tous ceux qui n’ont ni le 1T93jugement corrompu , ni les affections transportées de partiali- - rtés envers ces Princes, à la décharge de la Reine au cours de congre *1!'tous ces desieins 6c actions horribles; il se peut reconnoître d’un Re,N£ d ’ An '‘chacun pour vérité très certaine , que jamais il n’y a eu aucun Gl£TÍKRÏ 'Sujet de la Reine d’Angletcrre , ni aucun autre de quelque na-tion que ce soit, qui puiffe être chargé par ceux du parti du Roid’Espagne ou autre personne quelconque, d’avoir jamais attenténi fait pratique , pour mettre en danger ni faire tort à la personnedu Roi d’Espagne , par le su, ou communication de la Reine, oud’aucuns de ses Ministres : encore qu’il soit hors de doute , que siSadite M. eût eu un courage si bas 6c si vil, que de se souiller depratiques 11 infâmes , elle n’eût pas manqué de moïens 6c d’ins-trumens convenables. Mais Sa Majesté étant libre de toutestelles pensées , chacun peut bien assurément faire état , que siquelqu’un se fût mis en effort d’entreprendre quelque chose desemblable , elle en eut fait promptement 6c sûrement une pu-nition exemplaire 6c convenable au forfait: ou bien l’eut faitlivrer au Roi , pour lui-même en faire la punition à son gré. SaMajesté n’a non plus donné aucune pension ni entretenementdans son Roïaume à aucun rebelle ou aucune personne condam-née de trahison par le Roi d’Espagne. Par la contrariété doncdes actions de ces Princes , il se voit ici une manifeste preuvede ce qui est tant à l’honncur 6c recommandation de l’un ,comme au diffame 6c condamnation de I’autre , 6c pourtantsans aucun doute le grand Dieu tout-puistant, juste vengeur deméchancetés tant énormes , 6c rémunérateur de la piété 6c in-nocence, en son temps 6c en due saison , saura bien rendre kl’un 6c à l’autre selon leurs dessertes.