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Tome cinquième.
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Avertissem.au Roi.

H i MEMOIRES

qu’oa ait jamais vu. Voilà donc un dommage Sc une perte biensignalés, qui feule encore , selon le monde, devroit arrêter toutcourt ceux qui vous hâtent h fort, s’aífurant ques’ils vous dépê-chent de la besogne d’un côté , ils vous en taillent beaucoupplus de l’autre , Sc ne font par ce moïen qu’entrechaîner vos en-combres d’un continuel désespoir. Un mot à l’oreille, Sire:plusieurs voudroient ' Sc il vous en souvient, que vous euffiezfait ce faut, pour leur laisser la carrière franche. Vous n’aurezpassi-tôt dérobé votre épaule à ce Ciel, que quelque nouveauHercule ne lui présente la sienne. Et Dieu en feroit plutôt naîtrede ccs pierres , dont la dureté viendroir facilement à bout devotre moleste. Les factions assoupies par votre prudence, votreimprudence les réveillera : ces hydres repousseront immondede têtes qui vous engloutiront, ou lasseront à tout le moins sifort, que vous ferez contraint de leur présenter une tardiverépentance pour votre accord. Je vous donne encore , Sire, quevous en veniez à bout,mais quand ? A u bout de tout cela êtes-vousbien assuré qu’il vous reste beaucoup d’années pour vous bai-gner dans vos conquêtes? Et jusques là quel profit aurez-vousdans votre peine ? Car il vous faudra fans doute beaucoupde peine à racquerir ce repos que vous aurez saisie? Ce chan-gement vous coûtera bon, Sc ceux qui le vous auront conseil-lé , feront ceux qui en répandront les premiers les sanglanteslarmes , si la pitié de votre Etat les époinçonne en aucune forte.Mais non , Sire, il ne faut pas faire ainsi un tourbillon de foi-même , de peur de tomber enfin. On ne fe releve pas si-tôt. Etne faut pas q u o n vous dise que le Parti Réformé n’cít rien auprix du Catholique, Vous savez tout le contraire , Sc l’avez faitsentir à ceux qui vous font voulu ci-devant faire accroire , par•esset: Sc comment le croirez-vous à leur simple parole? Encorefaudroit-il suivre les traces de votre prédécesseur Catholique ScRomain , qui n’a point fait difficulté , ni eu honte de recon-noître le notable Sc nécessaire secours qu’il en pouvoit tirer pourle rétablissement de son Etat. Vous lui en avez servi de Chef,avec quel heur Sc bénédiction de vos armes , tout le monde lefait, Sc Sa Majesté n’avoit déformais en la bouche que la vail-lance Sc la fidélité des Huguenots. Appeliez-vous rien le refugeSc l’azile de ce Monarque ? Ceux qu’il chérisioit, veut-on quevous les fouliez aux pieds ? Quelle envie , ou quelle malice cst-ceià? Veut-on jouer de la forte au Roi dépouillé ? Combien de vielaistèront-ils dans ce corps démembré ? Une douzaine , une ce n-