D E L A L I G U E. w
défendre, qu’on n’emploie de soin à vous attaquer. Je me con- ~tente de courir au-devant du mal qu’on vous désire, en vousreprésentant la fuite honteuse d’un ii honteux commencement, A Ji<a I I . SSEMvous saillant cependant à vous imaginer vous-même, ce que monrespect Sc ma crainte m’empêchent dc dire plus ouvertement.
Quant à votre utilité particulière, Sire, en vous rendant Ca-tholique Romain, vous l’intéreíTez entièrement, Sc vous cou-lez , comme fans y penser , dans la ruine non-sculemcnt dc vosassurances présentes, mais aussi dc toutes vos espérances à venir.Premièrement, ne doutez point qu’abandonnant votre ancienparti des Réformés , ils ne vous abandonnent tout aussi-tôt.
Vous connoiflez leur promptitude Sc leur résolution. Un Roïau-mc plus florissant Sc plus fort que le vôtre ne les a jamais ébran-lés , Sc croïez-vous qu’ils en craignent la flétrissure Sc les mazri-res ? Combien de Peuples , combien de Villes, avec peu de Peu-ple, avec peu de Villes aurez-vous à combattre ? Mais quelPeuple , Sire, mais quelles Villes ? Peuple aguerri fous vos Eten-darts ,sous votre conduite , fous votre magnanimité r Villes for-tifiées , munies Sc rassurées à outrance , par votre foin merveil-leux , par une longueur de temps suffisante, par un artifice aidezcurieux Sc travaillé. Vous perdez tout cela en perdant ce parti.
Avec quoi le voulcz-vous repoíséder de leurs mains? Quelle res-source trouvez-vous dans cet Etat tari de Catholiques ? Etat di-visé , Etat incertain , mais plutôt haillons d’un Etat, pourris Scdéchirés au possible. Avez-vous Ville Catholique bien assurée àvotre dévotion, qui tienne longuement en cervelle une puiílantsarmée , comme feront les moindres bicoques terrassées des Ré-formés ? Et quand vous cn auriez quelqu’une , ctest si peu Sc lîmal à propos, que votre sain jugement ne vous permettra ja-mais d’cn faire état. Une en Picardie, une en Normandie,une en Touraine , une en Xaintonge, une cn Guyenne r quellecommunication attendez-vous de choses si éloignées Sc si malappointées ensemble ? Celì quelque chose pour sc défendre , Sctout y fera bien besoin ; mais ce n’elì rien pour attaquer cin-quante ou soixante Places remparées à toutes épreuves , Scd’hommes Sc de boulevarts, tels que vous même savez. Ainsivous aurez fort aisément perdu, ce que vous ne sauriez regagnerqu’avec un monde de difficultés , qui se peuvent égaler à uneimpossibilité ? Car quelle fidélité voulcz-vous que vos Sujets vousrendent, si vous leur rompez la vôtre? Vous, Sire, qui avezacquis ce beau lot d’être le plus entier, Sc le plus véritable Prince