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Tome cinquième.
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Avertissem.Au Ro;.

344 MEMOIRES

Sc en elle-même? Quelles prérogatives ufurpons-nous au préju-dice de nosFreres , de nos Concitoïens , de nos Compatriotes?i’Huguenot n’a-t-il pas autant de droit à vous souhaiter Hugue-not, que le Catholique, Catholique ? Chacun donc vous tire àfoi, Sc proprement vous leur êtes dû à tous fans distinction, fansjalousie. Que voulez-vous apporter en cette égalité ; commence-rez-vous la division par la désunion de vous-même ? Sauterez-vous de la Scylle en la Charibde , en danger d’abîmer au gouffrede leur entre-deux? Dans ce misérable débat d’une pareille pré-tention , je demanderois volontiers à quelque sain Sc non pas-sionné jugement , de quelle façon il vouaroít appointer noscrieries. L’Huguenot dit que vous Têtes dès votre berceau , quevous y avez persévéré , au moins de volonté , mais certes la plusgrande Sc la meilleure part de votre vie jufqifà présent, quevous ne faites que sortir d’entre leurs bras, de leur giron, deleurs entrailles, que vous ne leur pouvez rompre compagnie àla volée , qu’ils ne font pas la moindre Sc la plus chétive part devotre Roïaume ; qu’ils ont aífez de courage pour vous aider àconquérir tout le monde , quand vous n’en prendriez que trentemille , comme Alexandre sit de fes bons Macédoniens , pourfoudroïer ces Populaces innombrables de TEmpire de Perse ;qu’ils passeront fur le ventre à tous vos ennemis, s’il vous plaieleur conserver ces vieux bouillons d’amitié , dont vous les avezjadis réchauffés à votre service; qusils ne désirent point la ruinede ces bons Catholiques , qui fe jetteront aux pieds de votregrandeur Sc de votre miséricorde ; qu’ils les embrasseront com-me frétés ; que la différence de Religion n’empêchera jamaisqu’ils ne s’accordent très bien avec tous ceux qui ne cherche-ront que Tétablistement de votre Roïale Majesté , Sc bref qu’ilsfont prêts de rendre toute Tobéiflànce Sc Thumilité qu’un bon Sclégitime Magistrat, appellé Sc conduit de Dieu , peut requérirde son Peuple, Sc s’il fe peut ajouter quelque chose de mieuxdit à mon bégaiement. Quant aux Catholiques, ramassez leursvoix, ils n’ont garde de parler tous si franchement. Les gensde bien Sc d’honneur ne laideron t rien à dire ni à faire de cequi fera en leur pouvoir ; mais où font-ils ? Assaillis tous les joursde mille défiances entr’eux-mêmes, d’une crainte réciproque detrop parler Sc d’exécuter trop , les uns qui font les dévotieux àtoute outrance , qui pensent bleíïer leur Religion, s’ils avoiencprononcé le moindre terme favorable pour un Huguenot , quicomptant cela dans les péchés les plus criminels qu’ils fauroient

faire,