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faire , h qui la longue habitude a forgé une superstition si soup-conneuse, qu’ils eu deviennent loups-garous aux hommes , quis’épouvantent d’un marmouset enfumé , d’un Prêcheur quitonne la sédition ôc la révolte en la chaire. Les autres qui sem-blent à ces moulins , qui écoutent toujours quand la pluie tom-bera pour enfler le torrent qui violentera leur mouvement, qui«'attendent,en la vieillesse de leurs longues espérances , à quelquenouveauté inopinée , à quelque miracle de Jésuite , à quelqueJacobin aílaítineur , à quelque parfum , à quelque boucon , ouà tel artifice d’Italie. Les autres , de qui la révolte ÔC l’opiniâ-treté semble déplorée , nourris dans la discorde , indociles à latranquillité, qui troublent tout pour pêcher, qui ne trouventespoir qu’au désespoir, enragés de leurs chagrines passions,fléaux ôc bourreaux d’eux-mêmes, à qui tout déplaît, plus parfantaisie que par raison, qui se forgent chacun un Roïaume ,ne fut-cc que d’un pouce de terre,enflés du venin de leur honteusegrandeur, gourmandeurs ordinaires des Princes, présomptueux,insolcns au possible , irréconciliables de leur bon gré ôc roidis à laforce. II y en a davantage ; mais la vérité n’est pas toujours dite àpropos. Quoi qu’il en soit vous savez,Sire,comme il en va. J’atten-drai maintenant la résolution de quelque brave cerveau Françoispour vous en faire part à ce besoin. Quoi ? N’y a-t-il personne quiparle ? ôc ne verrai-je jamais que des sages muets ? O qu’il y en aplusieurs qui ouvriroient volontiers la bouche , si le temps étoitplus ouvert ! chacun sc cache aux nuages de ce siécle, tout lemonde aime mieux broncher ôc se rompre le col, qu’allumer leflambeau de vérité. L’étourdiílement est bien grand ôc bien uni-versel. Je vous dirai hardiment, Sire , ôc sans flatterie quelcon-que : Vous êtes le seul, à qui il semble que Dieu ait réservé lapleine ôc entiere décision de nos différends. Vous les entendezmieux qu’homme de votre Roïaume , vous les pouvez aussi fanscomparaison mieux résoudre. Pour aller aux champs élisées,Sire, il falloit rompre de fa propre main la branche d’or : lesentrées de ces grandes affaires font dures ôc difficiles , mais ilest en vous de pourvoir à tout. Nul n’a plus grand intérêt en vo-tre Etat que vous-même , nul n’cn est plus digne que vous, ôcde beaucoup plus. C’est à vos Sujets de vous bailler les brouillarsde leurs opinions, mais c’est à vous de les mettre au net. Lors-que les armées des Huguenots avoient mis le pied fur la gorgeà toutes les principales Villes de la France , presterent-ils jamaisles feu Rois vos prédécesseurs à changer leur Religion en forteTome V, X x
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Avertissemau Roi.